Une observation musicale

La salsa …..
certains disent (et non des moindres.. Celia Cruz …..même Fania records, des musicologues également…. ) que c’est tout « l’héritage » passé par les Carraibes (les îles …et leur périphérie) incluant les rumbas, boléros , chacha, mambo, son, danzon… cumbia même…..sans non plus occulter les nouvelles tendances salsa…
Et d’autres « combattent » cette notion (plutôt des bien plus petites pointures) en annonçant une salsa en tant que version typée de 1970 et plus …. (autrement dit à la date de la « vente » du terme « salsa »). Certains admettent cependant qu’on pourrait alors différencier salsa « au sens large » qui serait la notion commerciale ( voulue par le terme et/ou à défaut de par le résultat « médiatique ») et .. salsa au sens stricte (qui serait un type plus « précis » de musique du genre et « sortie » juste au moment de la diffusion du terme salsa). On voit parfois le sens large …. alors sous d’autres terminologies dont « afro-caraïbéenne ».
Fania records aurait pu …..pourquoi pas …. associer, puisque terme purement commercial….. , salsa avec toute musique latino-américaine (y compris la samba …voire le tango) …non…ça s’est limité plus « Caraïbes » ……et encore quand je dis Caraïbe, c’est caraïbe hispanique, on n’inclue pas le coté « francophone » qui lui est plus qualifié d’antillais (et pourtant …caraibes et Antilles c’est géographiquement équivalent) …… c’est comme ça, c’est un choix commercial….. médiatique…ou un hasard ….(parce qu’il n’y avait pas de Brésilien, Argentin dans le coup …voire français ? parce qu’on peut trouver des raisons pseudo logiques (géographiques ? culturelles ? ….bref…). On voit parfois ce regroupement plus global sous d’autres terminologies dont « latines et tropicales » (englobant salsa…merengue…. zouk … samba …. et plus… même tango parfois).
Et dans certaines terminologie plus axées « danse » :
On voit parfois aussi un terme « danses Cubaines » pour ce qui serait …la salsa au sens large … sauf les salsas (comprenons… ce qui reste, son, danzon, ….)
On voit parfois aussi le terme « danses de salon » intégrant les rumbas, boléros, chacha, mambo….(comprenons dans leur version « salon » s’il en est).
Et sûrement encore d’autre termes (n’importe qui peut en créer tous les jours)…

Pour ce qui est salsa ( donc sens « caraibe hispanique»), je vais dire …. ou préciser (voir certains autres articles) que musicalement ……. on a grosso modo la même « cuisine » pour toutes ces musiques … la clave… …. la rythmique de base… avec seulement des « variantes » locales ou de générations….(nx instruments, différents tempos, nlles voix …) ., et on note 4 dessins rythmiques principaux ….

– le rythme de rumba —-> tempo 104-176
– le rythme de boléro —–>tempo 92-126
– le rythme de mambo —-> tempo 184-264
– le rythme de chacha —->tempo 92-132

« salsa » (salsa « large pour certains …blablabla…voir articles divers) n’est donc en fait pas UN rythme mais un set de rythmes et que le rythme « rapide » des salsas dites 70 (donc salsa « vrai » pour les uns blablabla…voir articles divers) est un rythme de mambo mais guère en dessous, si on a une salsa un tout petit peu plus lente, on peut parfaitement en fait interpréter un rythme de rumba en tempo assez rapide….. ceci dit « rythme de mambo » n’oblige pas à orchestration et arrangements mambo (cette salsa 70 ….. a intégré plus d’électronique que le mambo « pur » ….) mais bon…. mambo ou salsa ????

On voit que le rythme de mambo est le seul préconisé en tempo supérieure à 184 ……

On voit que le rythme boléro est en tempo moyen plus lent que rumba mais on a une zone de recouvrement (104 à 126) donc on peut parfaitement avoir des morceaux en rythme de rumba plus lent que des morceaux en rythme de boléro….. le tempo ne donne qu’une indication « moyenne » sur l’identification boléro ou rumba…. donc la danse rumba « lente » (celle retenue en sportif est de tempo lent, 24 à 28 Bpm donc tempo 96 à 112… non syncopé …. donc potentiellement un boléro puisque de moyenne plus lents mais une rumba en tempo lent peut fait l’affaire ).
Et on voit qu’à 176 … la sensualité très onctueuse de rumba en prend un coup, on est dans un rythme de rumba mais on entre dans la qualification de « son » ……

La différence finale qu’on pourrait identifier c’est surtout « l’expression » qu’on en fait.

Et donc ces remarques se retrouvent dans la manière de danser, je dis bien la manière…. car regardez bien TOUTES les danses associées (ou dites danses puisque pour moi c’est quasi la même) sont de figures mixables …. toutes sur « VVL » , ce qui changera c’est l’expression…..
Au risque de choquer, je dirai … aucune différence entre les figures rumba… chacha… mambo….salsa x… salsa y…. ce qui diffère c’est le style et le « set » de figures ou des pas (av/ar ou ar/ar ….) utilisés qui est dérivé des us et coutumes plus ou moins locales en en fonction du tempo…….dérivé …. dans le sens « venir de » mais aussi « dérive » … au bon gré des importateurs et des distributeurs …. dont certains misent d’ailleurs tout leur marketing sur la fidélité d’ici ou là (new York pour la portoricaine dite « con clave » …ou cuba pour la cubaine …etc…..)…. Mais qu’en fait il s’agit d’un produit assez « propriétaire » de l’importateur/distributeur (quoique sur des bases existantes).

Le cross body lead de salsa x se retrouve en salsa y (sous un autre nom) et se joue parfaitement en rumba ainsi qu’en chacha……de même que les mains à mains, les checks, ……..les spirales ….

Faites une salsa en style Cubain (à savoir populaire, très déhanché, et avec les 3 temps bien plaqués) mais plus cool et closely et vous aurez un genre …..peut-être ….son…

Partez sur le 2 au lieu du 1 ou 3 et en un peu plus « class ».. vous aurez du genre …..danzon.

Accélérez la vitesse, exprimez vous plus large, intégrez des figures de rock et vous avez un mambo …..montuno (notez au passage …. « les figures de rock »…..).
Changez juste un peu la musique et le pays et vous avez une salsa portoricaine NY.

Changez votre point d’appui et vous avez un mambo typico.

Ralentissez un peu, revenez à votre point d’appui, ajoutez un soupçon de chassé et vous avez un chacha.

Ralentissez considérablement, enlevez le chassé, exagérez les mouvements et vous aurez une rumba sportive.

Revenez sur le 1, reprenez des pas « raisonnables » et vous avez une salsa portoricaine LA ou californienne.

Restez sur le 1, reralentissez, changez le point d’appui et selon le pays vous avez une rumba-boléro ou rumba de salon, ou aussi une square rumba ou américan rumba.

Sans compter ce que j’oublie….

Je vous garantis pouvoir mixer tous les pas et toutes les figures de l’un sur l’autre (et je vous garanti avoir vu un tas de variations mixées enseignées dans les écoles et ceci sous des mêmes noms de danse), alors … à défaut de convention très codée telle que la rumba et chacha sportifs et seulement dans le cadre sportif, tout le reste est mixable… (aux problèmes de vitesse et d’élégance près) reste à jouer le style (intérêt principal) et …. en social prendre en compte les « us et coutumes » chorégraphiques du lieu ou l’on danse…. une figure réalisable mais « inhabituelle » pourrait mettre le partenaire en porte à faux (à moins d’avoir son partenaire ou un partenaire très « ouvert ») et pourrait « déranger/ ou surprendre » les habitués locaux.

Ce qu’on apprend donc dans les écoles c’est UN set de conventions, d’exemples chorégraphiques pour un « label » de danse donné et local car rien ne dit que ce set ici ou là sera le même, même en cubaine si c’est dit venir de Cuba, (Cuba c’est grand…. Aucune raison d’avoir la même chose au nord et au sud sans compter la dérive de l’importateur) l’un importera une habitude de 95% de pas ar/ar et l’autre une habitude de 95% de pas av/ar, le meilleur étant celui qui importe les deux, mais leur style se « rapprochera » quoique que plus ou moins aussi…… puis on sera probablement plus « zoukant sur 3 pas » en cubaine, « class sensuel sur 3 pas » en portoricaine …..et …… les danseurs de salon vont vibrer sur le style portoricain (ou mambo) tandis que les « zoukeurs » vont peut-être vibrer cubain (du nord ou du sud ?).

Voilà Voilà….. alors mélangeons les figures de tous les styles rencontrés et d’un coup nous aurons une variété beaucoup plus large sans investissement majeur sur chacune des danses (ou nous trouverons au fil du temps plus ou moins les mêmes figures), de plus on aura son propre mélange, son style, pas un clonage du mélange et/ou style d’un autre. Ou alors assurons-nous de « l’authenticité » d’un style (pour autant qu’on en ait les moyens et qu’il y ait vraiment une authenticité, les seules références (à défaut d’authenticité culturelle) que je pourrais identifier sont les styles codifiés en version sportive et seule une version de rumba et une version de chacha y apparaîtraient.
Et on voit même apparaître de ci de là .. des cours avec des labels juste un peu différents (latino-swing… chacha-boléro …) qui sont justement un terme de vente de produits pur mixage de chose existantes…. sauf que c’est proposé en « produit » danse…. Bref c’est du mélange qui aurait pu être très personnel mais aurait été considéré comme « impropre » par les gourous….mais qui devient « bon à consommer » si ça vient des gourous….. c’est un produit…. On en fabrique en danse comme ailleurs… et on gère le marketing en danse comme ailleurs.

Et le raisonnement est très similaire dans la famille swing avec les lindy ..boogies….be-bop …. Jive…rock …et autres.
Et pour aller plus loin sur les mixages chorégraphiques, vous avez remarqué l’arrivée de figures de rock dans le mambo (et ses dérivés donc)……eh bien on peut remarquer aussi l’inverse par certains ..un style rock …tirant vers des figures plus mambo (donc salsa)…voire le style même….sans parler de ceux font un transfert complet en dansant carrément un rock sur une musique mambo, pourquoi pas, ça marche.
Et pour aller encore plus loin, regardez le style de certains danseurs du monde salsero … très Brésil …(salsa et/ou samba -de Rio- ?), voire même la musique support qu’ils utilisent (salsa / samba, moi j’hésite parfois).
Et encore plus loin, je ne voudrais pas choquer mais parfois ….boléro…tango …..
Bon attention quand même, exécution de style et mixage « personnel » d’accord mais essayons d’être si l’on peut un « minimum » en accord avec un style culturel et dans le style expressif du support musical (mais là on ne fera pas forcément plus mal en « personnalisé » qu’en certains styles et mixages « enseignés»), voire du lieu …… et essayons de respecter un minimum de « classiques » chorégraphiques dans une expression donné, ce n’est pas tant pour une question ni culturelle ni esthétique (l’esthétique à ses canons variés) mais une question de pratique pour faciliter la coordination entre partenaires occasionnels (à moins de tomber sur des talents particuliers sur l’accord « improvisé »)……

Par Jean Yves Ménard. (01/2003)

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