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Danse : Feeling /conventions /styles
Toute
la danse à Paris : DVD salsa et rock..., clip vidéos pour
apprendre à danser, cours, stages et voyages de danse, actualités, concerts
et soirées pour danser.... |
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Feeling :
Est-ce nécessaire de savoir composer une musique salsa pour
l’amateur auditeur ou même danseur voire instrumentiste ou
chanteur ?, non quand même pas … mais…. ceux qui sont
amateurs de bon vin s’intéressent souvent à sa structure
et n’en sont que meilleurs amateurs. Sachons faire au moins
une petite différence, même très modeste (au moins sachons
qu’il y a une différence) entre l’amateur et
l’entendeur / l’amateur et le buveur. Le feeling, sans repère
ça n’existe pas, mais on a plus ou moins de facilité et
d’opportunité à fabriquer sa base de repères, la base est
un apprentissage, empirique et/ou technique, rapide ou long.
La base ne demande qu’à s’enrichir, tous les moyens sont
bons, le métronome pour les musiciens, des cours précis, le
contact des amis, des aînés… les livres… la pratique…
L’important, c’est surtout de savoir qu’il y a des repères,
des règles, des conventions, même quand on parle de «
feeling », il n’y a pas de bon feeling… sans base.
Ensuite, il y a la capacité de chacun à exploiter ses bases,
c’est à dire à observer très rapidement le réel et
analyser par rapport à sa base.
Voilà, c’est tout ça le feeling, celui du chasseur qui va
savoir d’ou va sortir le gibier et quand, celui du musicien
qui va savoir quand placer un accent ou jouer ternaire ou
binaire, celui du danseur qui va bouger pile sur la musique,
de la danseuse qui va suivre son danseur. Mais dans tous les
cas, feeling affûté ou non, personne ne peut s’affranchir
du respect de la source à analyser, de l’observation
auditive, visuelle, olfactive, corporelle ( la base ne sert à
rien sans la réception de données).
Le feeling musical et/ou dansant est de plus influencé par la
culture de chacun (qui s’inscrit dans les bases) qui
orientera tel ou tel expression plutôt romantique, sensuelle,
ou exubérante, douce ou brutale etc.
Doit-on ensuite savoir pourquoi on a un feeling « juste » ?,
non pas forcément, sauf si on veut ….enseigner mais c’est
aussi bien utile pour seulement s’assurer de la justesse de
ce feeling.
Conventions :
Les conventions sont de fait une composante de la base
d’acquisition servant à l’expression et permettent une
harmonie de groupe, permettant un dialogue, conventions
souvent dérivées de l’ histoire.
N’y a-t-il pas une langue avec sa grammaire pour les écrivains,
poètes, puis des règles d’écritures (des vers des
quatrains, des paragraphes…..) ? ce sont leurs conventions
et il n’y a pas de vrai poète qui ne s’appuie sur les règles.
N’y a-t-il pas des règles aussi dans les jeux de société
? seule façon de se comprendre.
Et la musique, des règles aussi bien sûr.
Doit-on suivre les conventions à 100% ? non, pas forcément
pour des amateurs, c’est mieux mais….. et il y a bien sur
un minimum et on ne peut « négliger » que les règles sans
conséquences trop fâcheuses (d’ailleurs parfois même
inconnues des moniteurs de bas de gamme). Dans la salsa,
partir sur 1 ou 5, 2 ou 6 , en avant ou en arrière peut gêner
mais ne devrait pas empêcher une complicité, les partenaires
peuvent s’adapter, mais avoir un décalage de rythme devient
critique, que dire si ce décalage est aléatoire.
Et doit-on avoir au moins un aperçu de 100% des règles ?,
non, pas forcément non plus pour des amateurs, (il s’agit
bien sur de la partie « négligeable ») mais même si on ne
peut assurer certaines de ces règles non indispensables, il
est toujours intéressant de ne pas ignorer.
On voit parfois certains articles opposer l’expression
intuitive « noire » au besoin d’analyse intellectuelle «
blanc ».
Je dirais que l’expression intuitive n’est pas si
intuitive que ça mais plutôt culturelle, la population en
question ayant intégré des bases « naturelles » dès le
plus jeune age, l’expression corporelle étant dans leur
mode de vie social. Des bases d’une part corporelle (déhanché….)
images d’une expression basée sur un coté sexualité et
d’autre part des figures copiées sur l’environnement
naturel (mouvements des animaux), style et figures non
officiels mais généralisées (donc pseudo règles de fait)
de par la culture.
De l’autre coté, la population « blanche » n’a pas pour
culture de s’exprimer corporellement dans la vie et par le
fait n’a donc pas de bases implicite établie ni de
transmission culturelle autofabriquante de base (quoique, si
on regarde le folklore ……..) donc pour s’exprimer «
collectivement » il faut apprendre (le style social du cru et
les conventions).
Mais certains Andaloux, pourtant Européens n’ont-ils pas
une culture du flamenco, et les Bretons …… ne serait-ce
pas leur attribuer une intuition dans leurs expressions.
Et les Européens en général qui vivent dans un monde
musical ou danse, n’obtiennent-ils pas une intuition dans
leurs expressions.
Regardons les rejetons de danseurs, aucune analyse
intellectuelle et.. ils s’expriment parfaitement.
Alors qu’un ressortissant de culture Européenne (noir ou
blanc) puisse devoir apprendre (par analyse ou copiage) une
expression culturelle extérieure n’a rien d’étrange,
demandez à un ressortissant de culture Carraïbeenne de
suivre « intuitivement » une expression culturelle Chinoise
ou Auvergnate, il ne sera pas plus à l’aise et devra
fabriquer une base associée.
Qu’on soit Africain ou Européen ou…., on va acquérir ce
qu’on va vivre dès le berceau.
Et quand on regarde les danseurs dits « intuitifs », on
constate que leur danse se limite assez à quelques
expressions basiques corporelles (certes très bien senties)
mais quelque peu limité en chorégraphies (qui se prêtent
moins à l’intuition) et un beau mouvement bien senti ( stylé
de culture d’origine ou non) est quand même plus agréable
associé à de belles chorégraphies bien synchronisées et
une chorégraphie parfois complexe bien synchronisée n’est
pas la facilité de l’improvisation intuitive.
A noter que lorsque je parle d’improvisation, il s’agit
d’improvisation dans les bases (culturelles ou apprises),
une improvisation absolue, c’est à dire sans aucune
convention précise, mènerait finalement à l’anarchie
expressive et à l’incapacité technique d’expression
synchronisée (tel qu’est la danse en couple par exemple).
On peut cependant considérer l’improvisation comme une
expression d’instants donnés plus ou moins libre à l’intérieur
d’une structure conventionnelle.
La caractéristique que l’on prête à la culture africaine
? et bien c’est la capacité à s’exprimer de façon «
instinctive », absence totale de règles ? non pas vraiment
car en danse, on observe des expressions en file, en cercle
(ce sont déjà des règles), on observe aussi une absence de
danses tenues à 2 (et donc alors pas de contrainte technique
de synchronisation) là oui on peut alors s’affranchir de
normes de pas de base ou de figures, mais n’est ce pas ce
qu’ont fait les danseurs des années 70/80 (et pas
Africains) …. Du chacun pour soi ou la limite entre le
n’importe quoi et la danse est bien difficile à établir.
Parlons de la danse synchronisée, dans ce cas l’
intuitivité, même des africains, est sérieusement
compromise et s’ils dansent de façon synchronisée c’est
qu’ils ont acquis une base que le feeling pourra exploiter.
La première danse synchronisée à 2 dans le monde africain
fut en quelque sorte le lindy hop, sorte de mixage de règles
chorégraphiques blanches de charleston et d’imitation des
animaux (règle en fait), pas de contact corporel (limitant
donc les problèmes techniques de synchronisation à deux),
après on suit la musique et ça donne de l’expression
individuelle (style) avec de l’approximatif de synchro
devenant de moins en moins approximatif (c’est la base qui
s’enrichie avec le temps).
Le feeling joue sur toutes les composantes intégrées dans la
base, le rythme, la sensualité, la chorégraphie ……..
Un couple qui évolue sur quelques figures bien senties est un
couple qui danse, simplement mais qui danse alors qu’un
couple qui évolue de figures complexes, voire sportives, ou
joue dans la rapidité … mais tout ça mal senti, danse-t-il
ou fait-il de l’exercice physique voire de la technique de
spectacle.
Style :
Le style peut être considéré comme une convention
culturelle de fait ou sociale ou technique mais cette aspect
n’est pas aussi « vital » que les règles techniques et
chorégraphiques (dont l’absence peut mener à l’échec de
l’exécution). Le style peut varier avec la base de chaque
individu (et donc les cultures), en salsa on pourrait dire
qu’il y a un style « original » avec son déhanché ( «
la hanche merengue ») mais de par l’internationalisation
les styles ont vécus et aujourd’hui peut-on dire que tel ou
tel style est correct ou non ? non je ne pense pas qu’on
puisse mais toutefois on pourrait dire qu’un style est moins
« latino », plus « sportif », plus « rock », plus/moins
ceci ou cela… alors tant qu’un style n’est pas codifié
précisément sous un nom (et c’est le cas de la salsa ou du
rock) inspirez vous des styles, tout style possible et
choisissez le votre, déhanchez ou ne déhanchez pas, faites
des effets disco ou non, prenez une attitude « salon » ou
non, ce sera votre style, il plaira ou ne plaira pas à Pierre
ou Paul, il sera plus originel ou non, on pourrait même dire
que ce n’est plus du label x ou y, mais aucun formateur ne
pourra prétendre vous apprendre LE style (à moins de préciser
très très clairement un référentiel, ce qui est le cas en
danse sportive codifiée), à défaut pourra vous apprendre
SON style. Et un style pourra devenir « majoritaire » selon
les contrées mais là ….est-ce une question de réel appréciation
majoritaire ou … d’effet marketing puis mode.
Que doit-on penser d’un danseur de culture noire
s’exprimant bassin contre bassin, de déhanchement plus que
suggestifs, voire très « koléserré » sans une seconde de
répit pendant toute une danse, c’est culturel, c’est
senti , .. oui mais pas très varié. On peut avoir le droit
de préférer, même si moins respectueux d’une culture
d’origine, une expression plus variée plus apprise et moins
« suggestive », le résultat peut en être moins « de là
bas » mais pas forcément moins agréable ni même moins
sensuel. Et tout ça dépend aussi du milieu dans lequel on
s’exprime, danser dans une fête à Cuba, phoenix ou dans
un
gala d’école de danse, voire une compétition donnera bien
des différences de style.
Et après tout ….. quel serait un style d’origine ? en
salsa …l’origine rumba ancestrale noire ou la contredance
Européenne ? et en rock… les imitations d’animaux ou le
charleston, voire le pas de polka ?
ET L’ART ? ? ? ?
On n’en a pas parlé, pourtant c’est un mot important. Ce
pourrait être en quelque sorte un super feeling, une
sensation des fameux processeurs spécialisés qui ne peuvent
plus expliquer, ils savent, ils pensent que, oh ce n’est pas
du hasard, ils ont sûrement leurs raisons mais ils ne savent
plus dire pourquoi. La suprême touche expressive du danseur,
le message émotionnelle au dessus du feeling, ce qui va
rentrer dans les tripes plus que dans les yeux. Tous les
danseurs de planche sont des artistes ? oh non, il ne faut pas
confondre l’expression artistique de la danse et … le
spectacle, et certains auraient plus le spectacle dans la peau
que l’art de la danse. Ne confondons pas non plus ceux qui
veulent seulement donner (sans talent mais partager le fruit
de leur travail, de leur passion) de ceux qui veulent surtout
« parader ». Et le jack-pot sera l’artiste complet, de la
danse et du spectacle, oui car le spectacle peut être un art
tout à fait méritant, l’art de divertir, quand il ne
s’axe pas sur le seul besoin de parader.
On parle des planches .. mais en fait même en salle on peut
voir aussi ces différences , moins sous projecteurs mais on
voit.
Un reproche aux danseurs de planches, non , c’est une
activité comme une autre, un travail méritant (même en
absence de talent artistique) mais attention les techniques de
planches sont à manipuler avec extrême précaution en salle,
voire à éviter, la salle est un contexte social « ouvert ».
Quant à la parade « m’as-tu-vu » bien affichée, elle
n’est pas très méritante, surtout en salle mais même en
planche.
Par Jean
Yves Ménard. (11/2001)
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