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SALSA LE FILM (Salsa
France /2000/ Sortie France le 9 février 2000)
Histoire
"Rémi, 24 ans, renonce, en plein
concours, à une grande carrière de pianiste classique pour
se consacrer à la musique qu’il aime : la salsa. Il quitte
Toulouse pour le 18ème arrondissement de Paris et atterrit
chez un vieux cubain, Barretto, chez qui il va donner des
cours de danse cubaine. Pour être crédible, il va se grimer
en cubain. Il rencontre alors Nathalie dont il tombe amoureux.
Cette dernière, malgré un fiancé bien sérieux, tombe
elle-aussi amoureuse... Et par le plus grand des hasards, la
grand-mère de Nathalie, Letty, va se révéler être
l’ancien amour perdu de Barreto... et le père de Nathalie,
donc le fils de Letty, va apprendre qu’il est le fils du
vieux cubain (vous me suivez toujours?!) "
Critique
Une comédie sentimentale légère
sur un thème en vogue : la musique cubaine. La musique
qu’aime Rémi, c’est la salsa (non, ce n’est pas la
chanson de Bernard Lavilliers!...). On le comprend très vite
lors de la première scène du film : lors du concours qui est
destiné à lui ouvrir les portes d’une brillante carrière
de pianiste classique, il se met à jouer sa musique préférée
devant le jury médusé. Cette scène a le mérite de planter
le décor : Salsa est une comédie légère. Ce film rassemble
tous les ingrédients de la comédie sentimentale
divertissante : deux jeunes et beaux protagonistes faits
l’un pour l’autre, de l’exotisme (la communauté cubaine
et sa musique), du sensuel (de la danse plutôt olé-olé!...),
du suspens (mais les deux "héros" vont-ils enfin
accéder au bonheur???), et même de l’humour souvent assez
bien amené (notamment par les seconds rôles).
Pourtant, il y comme quelque chose qui sonne faux dans
l’histoire principale des deux tourtereaux : c’est une
histoire d’amour un peu convenue et assez caricaturale. Les
deux acteurs usent un peu trop de moues et de regards torrides
pour qu’on adhère à leur histoire. Leur comportement est
très stéréotypé et basé sur des clichés : le jeune
premier romantique plein de talent et la jeune fille sage qui
se dévergonde au contact de la salsa. On est ainsi souvent
agacé par des exagérations scénaristiques qui ôtent toute
subtilité au film. Un exemple : la première apparition de
Nathalie. Au départ, c’est une jeune fille bien sage habillée
comme une collégienne. Quelques séquences plus tard, la voilà
vêtue d’un robe quasiment invisible tant elle est courte et
décolletée, en train de se déhancher dans une transe quasi-érotique
sur de la musique cubaine. On comprend bien vite qu’il ne
faut pas trop attendre de la peinture psychologique des
personnages.
Malgré ces grosse ficelles du scénario, il reste quand même
un ensemble souvent plaisant : une mise en scène maîtrisée
(Joyce Shermann Bunuel a fait ses armes dans de nombreux téléfilms),
des lieux superbes (l’immense appartement du vieux cubain,
la maison de Letty, le Trianon) et surtout des seconds rôles
excellents. On voit ainsi défiler une farandole de
personnages sympathiques et fantaisistes: le père de Nathalie
(le regretté Roland Blanche, dont c’est le dernier rôle),
le fiancé (Pierre-Arnaud Juin) et ses parents (Michel Aumont
et Christiane Cohendy, très bien en mondaine alcoolique et
cynique). Et puis il y a l’histoire d’amour entre Letty et
Barreto qui est très touchante : la retrouvaille des vieux
amants donne lieu à des scènes émouvantes dans lesquelles
Catherine Samie (qui est sociétaire de la Comédie Française
et qui prête son talent à Letty, la grand-mère de Nathalie)
et Estéban Socrates Cobas Puente (Barreto) sont parfaits.
- Laurence
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