Albita la cubana sonera

La cubaine Albita était, paraît-il, la chanteuse préférée de Fidel Castro…du moins jusqu’à ce jour d’avril 1993 où elle et son groupe choisirent de quitter l’île pour s’installer aux USA. A son arrivée à Miami, Albita Rodriguez n’était donc pas une débutante. Fille de musiciens, elle s’était mise sérieusement au boulot à 15 ans. Son groupe se forme à Cuba, tourne dans les clubs et hôtels en vue de l’île, et réussit un premier disque, Habra musica guajira (Egrem), en 1988.

Tournées cubaines et colombiennes, engagement par une grosse compagnie discographique colombienne (pour qui elle grave deux albums), enregistrements au Mexique… et fuite aux USA, où la chance lui sourit vite.

Car à l’entendre chanter dans ce minuscule club de Miami (Centro Vasco), la star Madonna se pâme, et le petit monde de la jet-set est vite en émoi. Emilio Estefan, big boss du label latin Crescent Moon et mari de Gloria, flaire le coup, et la prend sous contrat.

Ainsi naît l’album No se parece a nada en juin 1995, accompagné de tournées américaine, panaméenne, colombienne, mexicaine, vénézuélienne, portoricaine, espagnole… et d’un remarquable concert au North Sea Festival de Hollande, qui donnent à sa carrière un rayonnement mondial.

Voix puissante au timbre grave ; connaissance et amour de la musique guajira cubaine ; excellents arrangements ; production soignée sans être clinquante ; mélodies bien ficelées ; musicien(ne)s cubain(e)s qui connaissent leur affaire (certains, comme l’omiprésente flûtiste Mercedes Abal, sont de vieilles connaissances) : tout est réuni pour une musique de qualité.

Car Albita n’a pas changé : et c’est toujours cette sacré bonne vieille musique cubaine qui l’occupe, et ni le succès, ni les bulles du champagne ni même un studio ultra-moderne ou quelques instruments électroniques ne lui font perdre le cap.

Voilà pourquoi son disque suivant, Dicen que…, éclos en 1996, est du même excellent crû : Mírame, rózame, amame accueille quelques surprenantes digressions baroques, côtoyant le tres de Julia Serra, directrice musicale au goût très sûr ; Corazón rumbero flirte avec les thèmes de la santeriá ; et le grand trompettiste Arturo Sandoval, ex-Irakere et autre transfuge cubain, vient faire une petite visite sur la vigoureuse conga Hoy no voy a trabajar.

En 1998, un disque (Una mujer como yo) et une nomination aux très sélects Grammy Awards plus tard, la blonde Albita est toujours plus présente, et sans concessions.

En 2000, son album “Son” recouvre l’essence de toutes ces dernières années. Elle se produira au club El 128 à Paris le 18 juillet 2001.

Alors Albita, une femme décidemment libre ? En tous cas, une femme déterminée qui poursuit “… un rêve cubain : offrir au monde la culture musicale d’où je viens”. Il paraît que La India serait prête à succéder à Celia Cruz ? Qu’elle se méfie de Miami, où chante une concurrente de taille.

Olivia Wagner, le 07/07/2001.
Responsable communication au club El 128

 

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