La musique à Cuba : Sur un air de Salsa

Où que vous alliez à Cuba, vous entendrez toujours chantonner. Jeune ou vieux, lorsque c’est l’heure de la fiesta, les Cubains dansent comme des dieux. On dirait qu’ils sont nés avec le rythme dans la peau. Leurs danses sont enflammées, sensuelles et rythmées.

Le cœur de la musique cubaine puise ses origines dans la culture et les religions africaines. Les rituels et les chants, apportés par les esclaves noirs, ainsi que la danse et la musique qui les accompagnent, sont jusqu’à aujourd’hui une source d’inspiration inépuisable de la musique cubaine.

Les Espagnols ont également beaucoup influencé la musique cubaine par le biais de leurs boléros et de leur flamenco. Même la musique française a fait sa contribution, grâce aux nombreux Français qui ont quitté Haïti pour Cuba au début du 19e siècle, après la révolte des esclaves.

La révolution communiste de 1959 a également bouleversé le monde musical cubain. Les clubs de nuit et les radios qui, grâce au public américain et à la mafia fleurissaient à l’époque pré-castriste, sont devenus des entreprises étatiques. De nombreuses stars de la musique ont quitté Cuba pour s’établir en Floride ou à
New York.

Il existe actuellement deux types de musiciens à Cuba. Les ‘aficionados’ ou amateurs qui ont un emploi normal et les ‘profesionales’: les musiciens payés par l’état.

Les différents styles de musique et de danse (Voir tableau chronologie des styles) :

Le brassage de cultures et de traditions, présent à Cuba, était le bouillon de culture idéal permettant de donner naissance à de nombreux styles de musique et de danse.

Le mélange hispano-africain est le Son, créé vers 1880 par un cercle de noirs et de mulâtres luttant contre l’esclavage. Les éléments africains sont le rythme et les instruments rythmiques. Les instruments similaires aux guitares (Tres, Quatro) et les textes poétiques sont d’origine espagnole.

Un style de danse et de musique, apparu dans les années vingt lors des fêtes organisées par les esclaves dans leurs baraquements, est la Rumba.
La Rumba n’est que voix et percussions. La danse est érotique et se danse en couple en laissant beaucoup d’espace à l’improvisation. (Note : la rumba cubaine n’a rien à voir avec la danse de salon, appelée rumba également, que nous connaissons aujourd’hui).

Le danzón est à son tour empreint de musique européenne. Le danzón est interprété par des orchestres typiques, composés d’instruments à vent en cuivre et en bois. Le danzón se danse en couple, de façon élégante et n’était, à l’origine, pas chanté.

La Trova est également un style de ballade, fortement inspirée de la musique espagnole (chansons de troubadours), née au début du vingtième siècle.

Dans les années ’50, le Son traditionnel est devenu la mambo, le cha-cha-cha et le boléro. Le père spirituel de la Mambo est Orestes López. Toutefois, la danse est devenue populaire au Mexique grâce à Pérez Prado.

Le Cha-cha-cha est également issu du Son. Les mouvements typiques du corps et le pas de base de la danse: 1, 2, 3 – 1, 2 sont devenus mondialement célèbres.

Le Boléro est en quelque sorte devenu le slow latino-américain. Une danse en couple calme, dont la cadence est spécialement créée pour les amoureux.

La Guaracha est une danse exubérante et humoristique, une forme moderne de Son, au rythme plus rapide. Elle s’adresse principalement aux danseurs expérimentés. La Guaracha était initialement proposée par des petits orchestres : des septuors.

Personnages créatifs pour les danses en couple. À la fin des années ’50, dans le quartier El Casino Deportivo de La Havane, est né le Casino, un style de danse très jeune et citadin. On le danse encore souvent. Cette danse est appréciée par toutes les générations.

Un mélange coloré des styles, allant de la Mambo au Cha-cha-cha, compose la Salsa. C’est pourquoi, ce style de musique correspond parfaitement au brassage de cultures et de traditions cubaines. Outre le Son et le Casino, la Salsa contient également des styles et des rythmes en provenance de Porto Rico, du Venezuela, de Colombie, de Panama, de la République Dominicaine et du Latin-Jazz des États-Unis.

Pour terminer, il convient de mentionner, parmi le vaste spectre de musiques cubaines contemporaines, la Nueva Trova, un succès. Des textes poétiques sur des mélodies splendides, exclusivement accompagnés d’une guitare. Ce style contribue largement à la diffusion des valeurs issues de la révolution cubaine.

Où aller pour écouter de la musique cubaine à Cuba ?
Profiter de la musique à Cuba est pour ainsi dire possible partout. Il y a cependant quelques endroits-clés réservés à la musique. Quelques conseils :

Chaque ville cubaine possède sa Casa de la Trova, où quelques soirs par semaine les musiciens et les chanteurs locaux se produisent. C’est ici que bat le cœur de la musique cubaine populaire. Les improvisations sont nombreuses et les danses spontanées. Sabado de Rumba, danse cubaine, tous les quinze jours, le samedi après-midi, dans une cour intérieure, Calle 4, entre Calzada et Avenida Quinta à La Havane. Le festival annuel de jazz à La Havane au mois de décembre rassemble les meilleurs musiciens de jazz, cubains et internationaux.

Le festival international de musique, organisé à Varadero en novembre, présente des ensembles d’opéra, des chorales et l’orchestre symphonique national. Ce festival compte également sur une présence internationale. Le festival international de ballet à La Havane au mois de novembre.

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