Lexique de la danse Salsa

Bachata : C’ est une musique jouée avec trois intruments (guitare, bongo, maraca), de la République Dominicaine, bénéficie au milieu des années 1990, de la vogue des deux cotés de l’atlantique de la musique latino. Mais elle reste à découvrir véritablement en Europe (sauf en Espagne). Très à la mode dans les campagnes Dominicaines, elle se danse en couple. …
La danse Bachata est plus rapide que la cumbia : c’ est la même philosophie que danser un slow : on reste collé l’ un contre l’ autre et il n’ y a pas de tours du tout. Le pas de base est en trois temps dans une direction suivi d’ un coup de hanche et répéter dans l’ autre direction symétriquement : vous pouvez entendre chaque temps en bachata et certains danseurs donneront un coup de hanche sur chaque temps ….

« The Bachata, from the Dominican Republic, shares with it’s audience a country/peasant/barrio sentimentality marked by bawdy humor that connects the celebration of food, love and a macho delight in elaborating upon the ability of women to overpower men. It emerged mostly in male public spaces (colmados/corner grocers and bars) rather than family spaces, thus explaining the gender distinctiveness of this musical form. It is sung by mostly male performers, crooning about love and the women who caused them pain and wronged them, often because of unrequited or relinquished love.

Only recently admitted into mainstream Latin music (in the past 10 years) by the well-respected Dominical merenguero, Juan Luis Guerra, has the once black sheep of Dominican music been brought into the forefront so that all social and economic levels can now begin to enjoy the lilting Bachata. »

Batanga : Rythme joué avec les tambours sacrés batas, ce rythme fut inventé par Bebo Valdès dans les années 50.

Bata : Les tambours batá sont les tambours sacrés de la santería. A ce titre, ils sont les tambours les plus importants pour les Afro-Cubains. Ils sont au nombre de trois : Okónkolo, ou Omelé (le plus petit) ; Itótele (taille intermédiaire) ; et Iyá (le plus grand), qui dirige. Ils comportent deux membranes, et se jouent donc des deux côtés, à mains nues.

Boléro : Le bolero cubain, genre musical chanté et dansé, conserve peu de points communs avec son lointain ancêtre, le bolero espagnol.

Romantique, sentimental parfois jusqu’à l’excès, il puise son inspiration dans les airs d’opéra, les romances françaises et les chansons napolitaines. Marqué par une mesure à 2/4, il développe des mélodies classiques et raffinées, aussitôt familières aux oreilles européennes, soutenant des textes poétiques où se mêlent la nostalgie, le charme des femmes et les amours contrariées.

Amalgame d’influences diverses, le genre se fixe vers 1880 dans la région de l’Oriente de Cuba, porté par les chanteurs de trova qui lui insufflent un jeu de guitare syncopé, le rayado. On raconte que le premier bolero, Tristeza, fut écrit en 1885 par José « Pepe » Sanchéz, chanteur et guitariste autodidacte.

C’est au début du XXème siècle que le bolero atteint réellement La Havane, où il s’impose dans les peñas et les cafés grâce à des musiciens venus de l’Oriente comme Sindo Garay.

Au cours des années 20, le bolero métisse avec le son pour donner naissance au bolero-son, popularisé alors par la vague des trios et des septettes, et de nos jours parfois connu sous le nom de balada ou salsa erotica.

Aujourd’hui, le genre affiche une vitalité de jeune homme, et il n’est pas un disque de salsa qui ne contienne un ou deux boleros, où se juge la qualité du chanteur, dont l’interprétation doit être sans défaut.

Bongo : Célèbre percussion très fréquemment utilisée : les petits tambours nommés bongos sont réunis par paire, tenue entre les genoux du percussionniste (bongosero), qui joue assis.

Boogaloo : Au milieu des années ’60, aux USA, la musique latine est en crise. La mode de la pachanga, qui anime les danseurs depuis quelques années, montre des signes d’épuisement dès 1965. Portée par de grands orchestres, la pachanga semble en effet inadaptée aux temps nouveaux, qui s’enflamment maintenant aux sons des Beatles venus d’Angleterre, d’une dégradation du rock’n’roll – le twist – , et du furieux rhythm’n’blues relooké et assagi par la soul commerciale de la Motown. Le swing des grands orquestres latins prend des allures de vieillard aux yeux des jeunes latinos nés à New York, qui n’ont que faire de leurs racines et qui s’identifient de plus en plus aux Noirs américains avec qui ils partagent les conditions de vie de l’envers du décor du rêve américain.

C’est de cette fusion – musique latine, twist, rhythm’n’blues – que va naître le boogaloo. Porté par le disque autant que par la scène, cette nouvelle vague s’exprime en général en anglais, et fait tout pour générer des réussites commerciales. Elle y réussit parfois, avec des tubes comme I like it like that de Pete Rodriguez, sacré « roi du boogaloo ».

Touchés par le virus, tous les musiciens latinos se convertissent à la nouvelle mode, et tentent de profiter des retombées commerciales. Les paroles sont en général sans interêt, mais l’impact musical est fort, et si certains voient dans le boogaloo une simple dégradation de la musique latine, il est aussi une adaptation au changement des temps, qui prévilégient un son plus agressif et plus direct.

Signe des temps : des dizaines de petits groupes vont naître comme des champignons, et la formule – plus ramassée et plus souple que les anciens grands orchestres – facilite leur formation et leur expression. Le simplet mais efficace boogaloo et ses quelques variantes (comme le shing a ling et l’afroloo) culmine en 1967 ; il règnera sur la musique latine jusqu’au début des années ’70, avant de céder la place à la salsa, pour laquelle il avait préparé le terrain : c’est elle qui réussira réellement le pari de déborder le cadre restreint du public latin et s’implantera durablement sur le marché des Blancs.

Candela : Expression très utilisée à Cuba pour exprimer la chaleur, la luminosité, la beauté d’un morceau bien interprété.

Cha cha cha : Au début des années ’40, était né le ritmo nuevo, un style issu du danzon, et propulsé par l’orchestre de Arcaño y sus Maravillas.
Parmi les musiciens de ce nouveau rythme, se distinguent les frères Israël et Cachao Lopez (avec Coralia), Antonio Sanchez, Félix Reina, et un violoniste originaire de Candelaria (Pinar del Rio, Cuba) mais installé à La Havane: Enrique Jorrín. Dans plusieurs danzones de ritmo nuevo de sa composition , Jorrín intégre alors une formule utilisée dans quelques montunos par les choeurs. C’est ainsi que dans Doña Olga, Lo que sea varón, … , les choristes y répètent à l’unisson : « Chachachá, chachachá, es un baile sin egual ».
Enrique Jorrín nous l’explique en musicien :
« J’ai composé quelques danzones dans lesquels j’ai confié quelques petits choeurs aux musiciens de l’orchestre. Cela plaisait au public, alors j’ai continué. Par exemple, dans Constancia, j’ai intercalé quelques montunos très connus. Le public a aussitôt accroché. Tout le monde me demandait de parler d’eux dans les paroles et d’improviser là-dessus. C’est pourquoi j’ai dit à tous les musiciens de chanter, et à l’unisson. L’unisson présentait plusieurs avantages : le public comprenait mieux les paroles ; les voix, au sein de l’orquestre, gagnaient en puissance sonore ; et cela permettait de dissimuler… la piètre qualité des voix des musiciens, qui n’étaient pas réellement des chanteurs ; c’est que dans le cha cha chá, ce sont les musiciens eux-mêmes qui chantent ».
Jorrín avait aussi remarqué les difficultés que les danseurs rencontraient avec le danzón-mambo : en effet, les pas tombent non pas sur les temps, mais sur les syncopes, et rendent la danse délicate. Il s’attache donc à en simplifier la forme, et écrit des mélodies intégrant le moins possible de syncopes : dès lors, les danseurs peuvent s’appuyer sur la mélodie, qui leur sert de repère. L’accompagnement orchestral, lui, reste truffé de syncopes. Ce mélange entre mélodie sur les temps, et accompagnement sur les contretemps est une caractéristique du nouveau genre, le chachachá.
Le style doit ainsi beaucoup aux danseurs, pour lesquels il a été calibré. Dans les dancings de La Havane, les danseurs vont élaborer des pas collant au nouveau genre. Ainsi se créé la figure escobillo, simple et accessible à tous : 1-2, 1-2-3, en alternant les côtés.
Le premier titre enregistré, La Engañadora, fut gravé par América (le groupe auquel appartenait alors Jorrín), encore catalogué sous l’étiquette mambo-rumba. C’est au Silver Star, boîte de La Havane alors bien connue des danseurs, que le genre sera baptisé du nom cha cha chá.
Le succès est alors immédiat. A partir de 1953, Jorrín compose de nombreux cha cha chá, et la popularité du nouveau style gagne toute l’île d’abord, puis les autres pays. El Alardoso, El Túnel, Nada para ti, figurent parmi ces titres historiques.
Sentant le vent du succès, de nombreux musiciens emboîtent le pas, et contribuent à la popularité de la nouvelle vague : Antonio Sanchez (Yo sabía) ; Félix Reina (Angoa) ; Rosendo Ruiz (Rico vacilón, Los Marcianos) ; Rosendo Rosell (Calculadora) ; Richard Egües (El Bodeguero) ; Rafael Lay (Cero codazos).
La mode du cha cha chá est bien là, qualifiée de « baile sin egual » (danse inégalable) par des orchestres du type charanga que la formule séduit ; parmi eux, s’affirme un nouveau groupe venu de Cienfuegos, Orquesta Aragon.
Porté par son impact, relayé par les radios et le disque, simple à danser, le cha cha chá fait tache d’huile, et sa mode se répand sur le monde : Chicho O’Farril, Pérez Prado, Tito Puente, Charles Aznavour, Rubén Blades, Willie Colón, … Comme son frère plus complexe le Mambo, il dominera les années ’50, avant de perdre de sa puissance durant les années ’60.

Changuy ou changüy : Cette vieille variation du son, née dans la région de Guantanamo (Cuba), fut revisitée dans la salsa d’Elio Revé au cours des années 60, le changüy y a trouvé une nouvelle jeunesse, et Elio Revé y a gagné une dimension internationale et le titre de « roi du changüy ».

Charanga : Parfois nommé charanga francesa, ce type d’orchestre est apparu au début du XXème siècle.
A l’origine, la charanga se consacre essentiellement aux danzones, jusqu’à l’apparition du cha cha cha en 1951, dont il devient le vecteur tout-trouvé.
Au début, une charanga était formée d’une flûte, d’un violon, d’un piano, d’une contrebasse et d’un timbal criollo; la formation a aujourd’hui évoluée, et se caractérise par la présence de violon(s).

Comparsa : Groupe de danseurs et danseuses, parfois liés à un quartier ou une ville, défilant lors d’un carnaval avec une chorégraphie et des costumes communs, et généralement dirigé par un chef défilant avec eux.

Clave : Instrument composé de deux morceaux de bois qui, entrechoqués, marquent le rythme. Rythme de base d’origine africaine et articulée sur deux mesures.

Contradanza : Cette ancienne danse née à Cuba trouve son origine dans la contredanse française, introduite dans l’île par les Français à la fin du XVIIIème siècle.
Au début du XIXème siècle, elle se métamorphose sous l’influence des Noirs en contradanza, dans laquelle se succèdent quatre mouvements : paseo, cadena, sostenido, et cedazo. Les deux premiers mouvements sont de caractère tranquille, le sostenido et le cedazo, en revanche, sont d’un tempo enlevé.
Avec le temps, la contradanza perd son caractère collectif pour se danser en couple. La contradanza est à l’origine du danzón.

Contre-danse : Danse populaire du XV ème siècle, tout à fait européenne, son nom viendrait des « country danse », des danses villagoises anglaises, exécutée en cercle (la ronde). Cette danse vive à deux temps connait le succès au XVIII ème siècle, elle donnera in fine, le cotillon et le quadrille. Exporté dans les colonnies, elle participera quelques siècles plus tard, à la naissance des cha cha cha, danzón, et autre mambo.

Conga : Tambour d’origine congolaise, d’abord très utilisé durant le carnaval avant d’être introduit dans les orchestres de salon, puis dans la musique populaire.

Cumbia : Musique colombienne « Moderne » voit le jour dans les années 1950 et fait encore danser allégrement les pays sous le vent des décénies 80/90. Ses expressions complexes denotent dans la galaxie latine, car elles n’hésitent pas à se marier avec les accents caraïbes des alentours. « La collegiala » de Rodolfo Aicardi également connu dans le pub du café à la TV.

Danzon : C’est par plusieurs chemins différents que l’européenne contredanse arrive à Cuba à la fin du XVIIIème siècle : elle touche directement le coeur de La Havane, à l’Ouest, par l’arrivée des bateaux anglais, en même temps qu’elle débarque à l’Est avec les colons français fuyant la rebelle Haïti en emportant leurs esclaves noirs.

Sous l’influence de musiciens cubains noirs et de compositeurs dont elle devient peu à peu un des genres favoris, la contredanse se métisse et donne naissance à la contradanza : cette demie-mondaine un peu guindée anime les salons à la fin du XIXème, au son des fifres, clarinette, cornet, violons, contrebasse et autres guïro et timbales.

C’est à Miguel Failde Pérez (qui n’aurait jamais imaginé que son nom apparaisse un jour sur le Net !), cornettiste de Matanzas (Cuba), que revient le mérite d’avoir inventé le danzón, en 1879 : en injectant une vigoureuse syncope, il dépoussière la forme contradanza. Le danzón se dansera en couple, en suivant une structure stricte, mais dont les parties (alternance de paseos faisant office de refrain, d’un trio de clarinette allegretto, d’un trio de violon andante, d’un trio de cuivres allegro) sont maintenant ouvertes à l’improvisation.

Le temps fera encore évoluer la forme en intégrant des éléments venus d’autres styles, comme l’éternel son, sous l’influence de José Urfé vers les années ’10. En 1929, Aniceto Diáz perfectionnera la formule (avec sa composition Rompiendo la rutina) pour concurrencer le son – le grand rival – , créant ainsi le danzonete. Plus tard viendront d’autres descendants célèbres, le cha cha cha et le mambo, en passant d’abord par le ritmo nuevo.

Danza : Genre musical issu de la contredanse européenne, particulièrement populaire à Cuba au XVIIIème et à Porto Rico.

Descarga : En français, on dirait boeuf ; en anglais, on appelle cela une jam-session : c’est-à-dire une réunion de musiciens qui jouent en laissant une large place à l’improvisation, et qui donnent le meilleur d’eux-mêmes. Pour que la descarga soit réussie, il faut bien entendu que les musiciens aient du talent, et qu’ils aient quelque chose à donner…
C’est sous l’influence du jazz – avec son cortège d’instrumentistes hors-pair – que la formule pénétra la musique latine, et fut mise à l’honneur à New-York au cours des années ’50 par le contrebassiste cubain Israel « Cachao »Lopez.

Danseur professionnel : Travaille à plein temps : Entraînement ou à l’enseignement qui constitue sa principale source de revenus.

Guaguanco : Danse folklorique afro-cubaine, accompagnée seulement de percussions. Les trois congas qui le rythment sont la tumbadora, assurant la rythmique de base ; le segundo, qui s’occupe du contrepoint ; le quinto improvise.

Le guaguanco est l’une des 3 danses de la rumba (avec le jambú et la columbia). Cette danse rapide et nettement érotique s’effectue par couples. Le terme désigne aussi un rythme particulier.

Guajira : Cette paysanne est née en Oriente, la région Est de Cuba. Dérivée de la tradition espagnole, nimbée d’une douce nostalgie, elle s’exprime avec simplicité sous forme de ballades, dans lesquelles l’interprétation est essentielle. L’instrumentation de base se compose d’un chant, d’une guitare et de petites percussions légères. Plus tard seront introduits une contrebasse et d’autres percussions, quand en se mélangeant au son, la guajira donnera naissance au son montuno, plus lent que le son.

Guaracha : C’est dans les bordels et autres bouges du port de La Havane que cette fille des rues grandit au XVIIIème siècle. Les chansons guaracha, aux textes farcis d’allusions salaces, sont alors prétexte à une danse lascive honnie par les bien-pensants.

Les paroles véhiculent critiques humoristiques du pouvoir en place ou des situations quotidiennes. Dès son origine, la guaracha est un porte-voix populaire, où s’affirme un esprit fêtard et satirique cher aux Cubains.

La joyeuse guaracha survivra dans les milieux les plus populaires, avant de réussir à conquérir des lieux mieux fréquentés dans les années ’30 et ’40 du XXème siècle, sous l’influence des orchestres de danse et de compositeurs comme Nico Saquito ou Julio Guttiérrez qui s’emparent du style, et que le genre se métisse en guaracha-son ou guaracha-rumba.

Guateque : Fête populaire réunissant des gens qui sont là pour danser, chanter et s’amuser.

Habanera : Issue de la contradanza, la habanera est à la fois la première expression chantée née à Cuba, et le premier ambassadeur mondial de la musique cubaine.
C’est à partir du XIXème siècle, au cours des années ’30, qu’on décèle le style à La Havane. La Moda en baile, publiée en 1842 dans le journal de La Havane La Prensa, en est la première trace écrite connue.

Dès le XIXème siècle, la habanera se répand en Espagne, apportée par les marins qui vont et viennent entre les ports espagnols et La Havane. A l’autre bout du monde, le Rio de la Plata, puissant estuaire qui baigne Buenos Aires, est une voie de pénétration idéale pour l’Amérique du Sud : amenée par les marins cubains, la mélancolique et langoureuse habanera séduit l’Argentine, où elle s’impose comme la base fondamentale du tango.
Le mot tango n’est d’ailleurs pas dû au hasard. Mélange d’Espagne et d’Afrique, la habanera plonge ses racines dans le bantú tango congo.

La habanera la plus connue, La Paloma, est dûe à un Basque-Espagnol, Sebastián Yradier, qui habite alors à La Havane, pendant ces années ’60 du XIXème siècle. Une autre composition de Sebastián Yradier, El Arreglito, séduira Georges Bizet, qui l’intégrera dans son opéra Carmen (L’Amour est enfant de bohème).
Le rythme caractéristique de la habanera est d’ailleurs utilisé par de nombreux compositeurs de « musique savante », à l’écoute des musiques populaires : les Espagnols Albeniz ou Manuel de Falla, ou les Français Chabrier, Saint-Saëns, Debussy ou Ravel (L’Heure espagnole).

Le genre a été adopté par les trovadores, conquis par la douce nostalgie se dégageant de son rythme, capable de mettre en valeur poésie et lyrisme des paroles.

Latin-jazz : Jazz apparu dans les années 50 et interprété avec des rythmes et des percussions afro-latines.

Les mange-mil : Désigne les danseurs-dragueurs ou bien selon la Latina Girl : Petits oiseaux un peu trop envahissants

Mambo : C’est dans les traces d’Antonio Arcaño y sus Maravillas qu’Arsenio Rodriguez met ses pas, quand il intègre au danzon déjà ritmo nuevo une nouvelle dose d’éléments venus des montunos du son . Le nouveau style se nomme diablo, poussé par la tumbadora, la syncope du piano, les trompettes jouant jazz, tandis que le tres d’Arsenio souligne le rythme et avance vers le style mambo.

D’autres musiciens prennent la même piste, comme les pianistes et arrangeurs René Hernández et Emilio « Bebo » Valdés qui officient dans des orchestres plutôt jazzy de clubs de La Havane, Casino de la Playa ou Riverside.

Tous les ingrédients sont en place. Mais c’est le pianiste et chef d’orquestre Dámaso Pérez Prado, qui réalisera la percée et réussira la synthèse du mambo, en libérant le montuno final des morceaux de ritmo nuevo jusqu’à le rendre indépendant : le mambo est officiellement né. Nous sommes en 1951 à Mexico, et Dámaso Pérez Prado vient d’enregistrer Rico mambo. « Tout est dans la syncope », explique Dámaso. « Les saxophones l’accentuent sans relâche, pendant que les trompettes se chargent de la mélodie. La basse, en combinaison avec les tumbadoras et les bongos, s’occupe du reste. Voilà la construction du mambo ».

Dámaso Pérez Prado, qu’on sacrera « roi du mambo », réalisera plusieurs enregistrements au Mexique pour RCA-Victor : Mambo n°5, Mambo n°8, El Rutelero, La Chula linda, … dans lesquels l’influence du swing est particulièrement sensible.

Le Mambo partagera les scènes avec son frère plus simple le cha cha cha durant toutes les années ’50, inspirant les plus grands créateurs et interprètes : Bebo Valdés, Ernesto Duarte, Beni Moré, Silvestre Méndez, … Il générera des variantes, comme le bolero-mambo, alliant un thème de boléro sur un rythme de mambo lent (Julio Gutiérrez, Bobby Collazo, Humberto Jauma,…). Son règne prendra fin au début des années ’60, quand le public se lassera et se tournera vers d’autres formes.

Maracas : Instrument servant à marquer le rythme formé de deux petites gourdes en bois contenant des petits cailloux.

Merengue : Danse nationale de la république dominicaine.

Mozambique : Rythme créé en 1964 par Pedro Izquierdo ( dit « Pello el Afrokan »). Danse mêlant diverses influences africaines accompagné des intruments conga et tumba.

Oriente : La région de l’Est de Cuba, l’Oriente, a développé et conservé la spécificité de sa culture tout en se posant en rival de La Havane, capitale distante d’un millier de kilomètres.

C’est ici que se produisit le premier choc avec les conquistadores espagnols en terre cubaine, qui, sur les traces de Christophe Colomb, investirent l’île à l’orée du XVIème siècle. Ils firent de Santiago de Cuba une base portuaire pour l’arrivée des esclaves déportés d’Afrique, et imposèrent Santiago comme première capitale de l’île. Malgré la rapide suprématie que La Havane réussit à s’assurer en devenant l’escale naturelle des Espagnols en partance pour le Mexique et l’Amérique du Sud, Santiago et l’Oriente maintinrent pendant plusieurs siècles une intense activité économique.

La région s’enrichit de l’arrivée massive de milliers de colons français et de leurs esclaves, fuyant Saint-Domingue où Toussaint Louverture conduisait une révolution anti-esclavagiste et anti-coloniale. Ajoutons quelques traces d’Indiens Tainos et Siboney ayant survécu Dieu sait comment aux anciens conquistadores, et on se trouve en présence d’une région riche d’un métissage unique et de ses traditions multiples, irrigué de cultures espagnoles, françaises, africaines et amérindiennes.

L’Oriente, « Tierra Caliente », abrita les premières rébellions d’esclaves à Cuba grâce à ses régions montagneuses (Sierra Maestra et Sierra de Cristal) avant d’être le théâtre de batailles décisives des guerres d’indépendance du XIXème siècle. Elle protégea ensuite les années de conquête du pouvoir de la Révolution cubaine de Fidel Castro et de ses barbudos. Fière de ses traditions rebelles, davantage teintée d’Afrique que La Havane, la région de l’Oriente a su conserver vivaces et fécondes ses traditions culturelles, et inventa un chapelet de formes musicales majeures, dont le son et le bolero sont les perles principales.

Pachanga : Danse issue d’une chanson composée en 1959 par Eduardo Davidson.

Pilon : Rythme créé en 1965 par Pacho Alonso. La danse imite les mouvements des personnes en train de piler le café.

Ritmo nuevo : Le distingué danzón, avec sa flûte et ses violons, avait déjà été sérieusement secoué. Mais Antonio Arcaño, à la tête de ses Maravillas, assoit en 1939 le danzón sur un baril de poudre. Son orchestre, réunissant une brochette des meilleurs musiciens cubains, créé alors Mambo, composé par le violoncelliste Orestes López, qui n’est pas encore du mambo, mais qui en annonce l’arrivée et en allume la mèche.

Ce nouveau rythme, justement baptisé ritmo nuevo, injecte dans le danzón, sur des mélodies de qualité, des éléments symphoniques rallongés d’une bonne dose de jazz vitaminé au swing, qui fait alors fureur aux USA.

C’est aussi dans dans la puissante syncope du vieux son d’Oriente – encore lui – que le ritmo nuevo plante ses racines : l’accompagnement de Mambo, ou de quelques danzónes du même style ritmo nuevo composés par Israël « Cachao » López et Coralia, Antonio Sánchez, Félix Reina, Enrique Jorrín – la plupart font partie des Maravillas d’Antonio Arcaño – aligne des figures rythmiques coutumières aux joueurs de tres du son.
Les violons sont joués pizzicato, la basse syncope en « tumbao », tandis que les percussions, renforcées par une puissante tumbadora, nouvelle venue dans les orchestres de danzón, soulignent les temps forts, et que le piano accentue la syncope. A cela s’ajoutent les improvisations échevelées de la flûte, influencée par les envolées familières aux jazzmen.
La route est ouverte, le mambo va bientôt entrer en scène.

Rueda
Danse populaire cubaine de la rue où danser la Salsa est que plusieurs couples dansent en formant un cercle tout en changeant de partenaire ». Tous les couples obéissent à un type qui donnent les nom des figures quand il veut et en espagnol

Rumba : Danse de salon des années 30 et d’origine cubaine.
Le rythme de base de la rumba afro-cubaine (yambu, guaganco,..), c’est la clave de rumba …

De nos La Rumba a une connotation de danse sportive cependant à Cuba on distingue plusieurs Rumba Voici une tentative d’explication simple:

La Rumba yambu est la rumba « des vieux »: elle se danse sur des rythmes lents, souvent en couple côte à côte, les danseurs miment les maux dûs à l’age…

La Rumba guaganco est la danse de la séduction, en couple, ou l’homme tente de « vacciner » la femme, d’un bras, d’un pied, d’un souffle… La femme, suivant le geste de l’homme ( brutal, dominateur, tendre, coquin,..), le repoussera ou non…

La Rumba columbia est une danse où les hommes montrent leur valeur par des mouvements acrobatiques: il n’y a qu’un homme qui danse à un moment donné, et le percussionniste principal tente d’adapter son rythme aux mouvements du danseur. Ca peut faire penser aux compétitions de hip-hop…

La plupart du temps, on commence l’apprentissage de la rumba par le yambu (le plus lent), puis du guaganco ( éventuellement sur le rythme yambu). La columbia est plus difficile.

Salsa : « La sauce », interjection utilisée pour encourager les orchestres, mais surtout, musique populaire d’origine cubaine née dans les quartiers hispaniques de New-York à la fin des années 60. Au sens restreint c’est la musique inventée par la Fania fin des années 60, années 70 à New York. Au sens large c’est un ensemble de musiques d’origine afro-carribéennes.

« Salsa : une manière différente de nommer la musique cubaine. C’est le mambo, le cha cha cha cha, le son… tous les rythmes cubains réunis par un seul nom ». (Celia Cruz).

Mais la salsa proprement dite naît à New York à la fin des années ’60, inventée par les musiciens des barrios, les quartiers pauvres latinos.

Elle s’enrichit rapidement d’une dimension sociale, sous l’impulsion de Willie Colon qui dévoile l’envers du rêve américain en mettant en paroles la dure réalité du ghetto, où règne misère, violence et drogue dure. Son ami Rubén blades impose alors une salsa consciente, revendicative et politique.

Des figures de dimension internationale comme Celia Cruz contribuent à asseoir durablement le style.

C’est grâce à son impact mondial, qui déborde le cadre du public latin, que le mot salsa s’impose comme un terme générique : on appellera salsa l’ensemble des musiques latines, du boogaloo au mambo en passant par le vieux son, ou même la récente latin house.

Les Cubains, après avoir longtemps boudé le terme -estimant que les USA recyclaient et usurpaient leur musique – finiront par s’y faire, et le mot salsa (la sauce) semble aujourd’hui définitivement fixé.

Il faut dire qu’il est idéal, puisqu’il évoque à la fois un mélange, un savoir-faire, une chaleur, une excitation des sens, et ce qui fait que les choses ont du goût… et du piment. »

Salsa Colombienne : Salsa issue de l’ Amérique du Sud dont les plus connus sont El Grupo Niche, Guayacán, Joe Arroyo, Los Niches etc… Dans la danse, le style colombien se caractérise par un pas très véloce (3 temps + pointé Style venu de Cali ) avec un ensemble de jeux de jambes composés de toutes pièces…..

Salsa Cubaine : Style musical se réclamant aujourd’hui de la Salsa apparu à Cuba à la fin des années 80. Groupes et artistes représentatifs : Los Van Van, La Charanga Habanera, Manolín « El médico de la Salsa », NG la Banda, Irakere, Manolito y su Trabuco, Klimax, Dan Den, etc….. Style dominant à Paris, où il est très en vogue que l’on pratique à 75%. La distinction Salsa / Timba se fait également dans la danse : le style cubain est très tonique, sans pointés à priori , avec de nombreuses passes qui rappellent la danse de la rue, la joie et le naturel de vibrer avec des jeux de bassin pour le moins suggestifs. La « Rueda » ou la « Roue de Casino » fait partie intégrante de la salsa cubaine : A Cuba comme à Miami, on pratique « La Rueda » à plusieurs couples regroupés en cercle afin de partager le plaisir de danser en groupe….

Salsa mambo : La salsa la plus codifiée pour être apprise par les danseurs des écoles de danse. Caractérisée souvent par sa douceur musicale, elle est aussi appelée la « Salsa Romantica ». Basée principalement aux Etats-Unis, elle regroupe des artistes pour la plupart portoricains, tels que El Gran Combo, Luis perico ortiz (vieille école), Tony Vega, Frankie Ruiz, Tito Nieves, Tito Rojas, Marc Anthony, India, Victor Manuelle, etc… En danse, la Salsa Mambo regroupe le style portoricain de New York qui se danse sur le temps 2 de la clave, le style LA de Los Angeles qui est très tonique et spectactulaire et le Mambo sportif pour la compétition sportive réservé aux professionnels. La Salsa Mambo se démarque par sa technicité et son aspect théâtral.

Salsa à impact international : Style de Salsa le plus proche de la Salsa originelle, telle qu’elle est apparue dans les quartiers hispaniques de New York à la fin des années 60. Elle est jouée principalement par des artistes majeurs de la « vielle école », comme Celia Cruz, Oscar D’León, José Alberto « El Canario », Orquesta de la Luz (japon) et Africando et bien entendu l’incontournable orquestre fondateur de la Salsa, La Fania All Stars.

Son : Le pilier fondamental de la musique cubaine apparu à la fin du XIXème siècle de la rencontre des musiques africaines et de la culture espagnole, mais popularisé dans les années 20.

Ainsi, Tout au long du XIXème siècle, se mélangent dans les campagnes de l’ Oriente de Cuba éléments musicaux hispaniques et africains, enrichis d’une dose de musique française apportés par les vents venus de la proche Haïti. C’est vers la fin du siècle que l’émulsion se stabilise, et se risque timidement dans les rues de Santiago et de La Havane grâce à ses trovadores : le son est né, et aujourd’hui encore, il est toujours aussi vivant.

Certains disent que le son est à Cuba ce que le blues est aux USA : une forme simple et à la base de tout, ses deux pieds tellement plantés dans ses cultures d’origine qu’il en devient sans âge et accède à l’universalité.

Aux mélodies espagnoles sont en effet agglutinés des rythmes africains, où la clave est souveraine. L’anticipation caractéristique des temps qui lui insémine swing et élégance, l’alternance des couplets et du refrain en forme de question-réponse entre chanteur principal et choeur, des textes simples et brefs mettant en scène la vie de tous les jours : le son est poli par les âges et les cultures populaires, indémodable et éternel.

Depuis un siècle qu’il voyage, le son a fait le tour du monde, porté par des ambassadeurs comme l’inoubliable Sindo Garay, Nico Saquito, Ignacio Pineiro, le Sexteto Habanero, Trio Matamoros – qui, en le rapprochant du bolero génèrent le bolero-son – … ou aujourd’hui la Vieja Trova, la Familia Valera Miranda, Compay Segundo. Il a souvent gagné en professionnalisme, sous l’influence de ces musiciens virtuoses et de talent.

Mais le son reste définitivement marqué par son enfance paysanne : sa sobriété naturelle privilégie aujourd’hui encore les instruments simples et portables, guitares parfois bricolées, percussions légères et faciles à fabriquer. De ses amours campagnardes avec la guajira est né le son montuno, plus lent que le son.

Car même s’il traîne sur les scènes les plus prestigieuses, même s’il est l’essence de musiques qui alignent disque d’or sur disque d’or – comme sa fille rebelle, la salsa – et dont les interprètes sont des stars, il lui en faudrait davantage pour lui tourner la tête ; il préfère définitivement son Oriente natal, à l’heure où le soleil descend derrière les collines, quand la journée de travail s’achève et que l’on pose la machette pour prendre la guitare, et chanter avec quelques amis les peines et les joies des hommes.

Songo : Rythme inventé dans les années 70 par Changuito, le percussionniste des Van Van. le Songo n’est pas de la salsa au sens strict, et au sens large c’est l’un des styles que l’on peut inclure dans l’ensemble des musiques Salsa.

Sonero : Chanteur de son et par extension, de salsa.Tout chanteur de salsa n’est pas nécessairement un sonero.Un sonero c’est un chanteur de salsa qui a un plus: l’improvisation.
Oscar D’léon est un grand sonero car il est très fort pour cela.

Références bibliographiques :

1- Lexique de Rebecca Mauleon d’ après son livre Salsa Guidebook for Piano and Orquesta ( En anglais).

2- Quelques artistes Salsa à connaître :

Alfredo de la Fe
Anthony Colon
Bobby Ramirez
Chambo
José Conde
José Alberto « el canario »
Grupo Caribe
Grupo Jazz Tumbao
Jimmy Bosch
Jerry Rivera
Johnny Pacheco
Karamba
La Banda Ire
La India
La Timba Loca
Larry Harlow
Luis Perico Ortiz
Mark Anthony
Michael Stuart
Merengada
Mezcla
Michel Camilo
Miles Pena
Mo’ Guajiro
Nelson Gonzalez
Orquesta del Sol
Orquesta Gitano
Perez Prado
Poncho Sanchez
Rafael Nazario
Salsa Loca
Santana
Tito Nieves
Victor Manuelle
Willie Colon

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