Mon séjour à Santiago de Cuba

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1. Envie d’évasion

Les jours se raccourcissent, il fait de plus en plus froid ici à Paris. C’est décidé, pour Noël, je pars en vacances. Ma destination ? J’y ai déjà réfléchis. Je veux du soleil, la plage, découvrir une autre culture et pratiquer la salsa. C’est Cuba.

J’ai d’abord envisagé de partir avec le club Méditerranée à Varadero. On s’en sort pour 13 bâtons les 2 semaines. Mais ça fait prison dorée, et puis se retrouver avec des allemands en tongues sur la plage, encadrés par des GO hystériques au sourire colgate, c’est pas top pour découvrir la culture cubaine.

D’un autre côté partir seule à l’aventure dans un pays latin sans connaître un mot d’espagnol ne me paraît pas non plus être une bonne idée. J’erre sur le net et tombe un peu par hasard sur un site de percussions qui organise un stage de danse à Santiago de Cuba : Cours le matin, et logement en casa particular. C’est parti, je fais mes valises.

2. Santiago et La Havane

Il y a un aéroport à Santiago mais pour des raisons de logistique on est arrivé par la Havane avec Air Iberia. L’attente à la douane ma paru interminable : 2 heures ! Les forces de l’ordre sont très présentes et on ressent bien le régime communiste.

La Havane est magnifique ! Malheureusement nous n’y sommes restés qu’une nuit. Après nous avons pris le train jusqu’à Santiago. 1000 km séparent les 2 villes. Sachant que le train roule à une vitesse moyenne de 80 km/h combien de temps durera le voyage ? 12h30 Mais à cela on doit rajouter 5 heures d’arrêts dus aux problèmes techniques. C’est trop long, d’autant plus que le train part rarement à l’heure prévue. On a eu pu admirer les superbes paysages verdoyants de Camaguye et d’expérimenter une tranche de la vie cubaine. Mais honnêtement je ne pense pas que ça vaille le coup.

Par rapport à La Havane, Santiago est une ville de taille plus « humaine » C’est plus la campagne et la culture y est plus traditionnelle et folklorique. Pour moi, Santiago est le lieu idéal pour une première fois à Cuba.

3. Les Cubains

Santiago est une ville de petite dimension et on sympathise vite avec les Cubains car on retrouve toujours un peu les mêmes au centre ville. Ce n’est pas encore une ville très touristique, à part 2-3 hôtels, et la vente de quelques vielles cartes postales rétros.

C’est cool, mais le petit inconvénient, c’est que ça se voit que vous êtes un touriste. On vous aborde fréquemment (toujours gentiment), on vous propose des marchés…Ici, c’est la misère (un médecin ne gagne que 20 dollars par mois) et au début, j’en avais marre d’être prise pour un dollar sur patte. Mais je me suis aperçue que les Cubains s’intéressaient aussi beaucoup à savoir d’où je venais et ce que je faisais.

Les Cubains ont une grande richesse intérieure qui dépasse largement notre richesse matérielle. Ils ne connaissent pas le stress, l’angoisse, les somnifères, les anxiolytiques, les produits light…bref tous les produits de notre société de consommation.

En plus j’ai été étonnée par leur savoir. La plupart d’entre eux connaissent mieux l’Europe que l’Américain moyen qui pense d’ailleurs que l’Europe est un seul et même pays. Les Cubains savent beaucoup de choses, et il m’est arrivée d’en rencontrer qui bien que ne parlant pas français m’entonnaient avec enthousiasme une chanson d’Aznavour ou d’Edith Piaf !

Ce qui m’a aussi frappée, c’est leur élégance. Ils sont bien sapés et surtout ils ont de la prestance, de la dignité, un sourire charmeur et sont presque tous d’excellent danseurs. Les Cubaines sont très belles et rayonnantes. Elles sont habillées sexy et affichent sans complexe leurs rondeurs. Elles irradient tellement de joie et de bonne humeur que même celles qui ne répondent pas aux canons de beauté (90-60-90) feront pâlir d’envie Claudia Shiffer. Messieurs, vous tomberez très vite sous leur charme. Beaucoup vous feront des avances mais gardez à l’esprit que c’est un pays pauvre et qu’elles ne font pas ça pour vos beaux yeux.

Beaucoup de cubains aussi cherchent à sortir du pays. Ils peuvent voir un touriste comme un passeport vers un nouveau monde. Mais peu d’entre eux arriveront à s’adapter et à s’épanouir dans des sociétés comme la nôtre.

4. Musique et danse

Dans les rues, la musique et la bonne humeur sont omniprésentes. Tout est prétexte à danser. L’endroit que j’aime est la Casa de Artex. Chaque jour de 4 à 6 heures de l’après midi, il y a un groupe très talentueux : « Son de Amores » qui joue de la musique traditionnelle. Les rythmes sont très entraînants. On retrouve souvent les mêmes danseurs. Il y a en un que je trouve fabuleux. Il s’appelle Yohannis. J’ai pris quelques cours avec lui. Il est jeune mais a déjà énormément de pédagogie, ce qui est rare pour les prof de danse cubain. Pour eux, la danse est quelque chose de naturel comme boire ou manger.

Yohannis fait aussi des spectacles de danse à la Casa de la Musica. C’est à voir absolument. Il virevolte autour de la danseuse. Quand on s’y attend le moins, il laisse son corps tomber vers l’avant et se raccroche in extremis au pied de la danseuse. Il a un style théâtral avec des mises en scène.

Le soir, il y a plein d’endroits où danser. Pour les musiques traditionnelles: la Casa de Artex, la Casa de la Musica, et la Casa de Los Abuelos. Pour ceux qui veulent passer une petite soirée romantique, il y a le club 300. C’est le karaoké le plus kitsch que j’ai jamais vu, mais ça fait parti de la culture cubaine. Les Cubains aiment y chanter des chansons d’amour pour leurs copines. Pour passer une soirée rasta, rien ne vaut la Claqueta. C’est du reggae et du merengue (genre Elvis Crespo) Il y a en effet beaucoup de rastas à Santiago.

Sinon, ça vaut aussi le coup de voir un spectacle de rumba. Il y en a tout les jeudi après midi à 4 heures au Museum Folklorico (c’est juste dans la calle Heredia, juste devant la casa de Artex) Parmi les membres de la troupe, il y a 2 bons professeurs de danse : Vladimir et Roelis. Ils ont 2 styles très différents d’enseigner. Lorsque l’on débute, il vaut mieux danser avec Vladimir. Il décompose bien les pas et ne vous lâche pas tant que ce n’est pas parfait. C’est exténuant mais on apprend très vite. Et c’est grâce à lui que j’ai chopé le déclic. Ensuite une fois que l’on a capté le rythme c’est bien de danser avec Roelis car il est cool et fait dans l’originalité pour les passes. En plus c’est un très bon « chanteur » de rueda.

5. Après midi farniente

Après une nuit endiablée à danser, pourquoi ne pas aller à la plage ? Par contre mieux vaut éviter celle de proximité qui sont mal aménagées et où vous serez harcelé par des mecs bourrés. On a été à la Francès à 40 km de Santiago. C’est une belle petite plage de sable tranquille.

Sinon, il y a des piscines. Celle de l’hôtel El Rancho est pas mal en plus on a une vue qui surplombe Santiago.

Enfin, une petite balade dans les rues de la ville est aussi très agréable, et on assiste à des scènes très pittoresque. Il y a des belles places. La plus grande est la place Cespedès entre l’église et la mairie. Il y a aussi la place Dolores. Elle est sympa et animée car il y a des petits cafés autour où l’on peut boire un verre.

6. Les transports et le logement

Pour les transports, il y a bien sûr les taxis. Mais pour des petits trajets, c’est moins cher de monter derrière une moto. On voit beaucoup de cubains circuler en moto et la plupart font cela pour le business. En toute illégalité d’ailleurs, car si ils se font prendre par la police avec un touriste sur le siège arrière, ils risquent gros. Mais pour revenir d’une soirée, c’est agréable de prendre une moto et un aller ne coûte que 20 pesos. On peut aussi louer des vélos. C’est sympa pour circuler en ville.

Pour le logement, je conseil fortement le logement chez l’habitant. C’est beaucoup plus enrichissant et moins cher que l’hôtel. Pour quelque chose de confortable et proche du centre ville, il faut compter 15 dollars la nuits (contre 50 dollars pour l’hôtel) Voici une bonne adresse :

La casa maruchi
San Felix (Hartman) No 357
E/San German y Trinidad
Santiago de Cuba
Telefax: 627487
http://www.casacolonialmaruchi.turincon.com

Voilà, j’espère que mon témoignage vous donnera envie de partir. Les contacts se font facilement sur place. N’oubliez pas la lotion anti-moustique (ils raffolent des touristes même en saison sèche !) et des vêtements classes pour sortir danser. N’emmenez rien de précieux, ou de sentimental. Les vols sont très fréquents et c’est bien compréhensible. Prenez dans vos bagages stylos, cahier et savons. Les cubains apprécieront ce geste et ça permet de les aider dans leur quotidien.

Ecrit par Irène Marical / Décembre 2001

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