Un cours de Salsa Mambo à New York

LATIN QUARTER, Manhattan, Upper West Side, jeudi 7/08, 20h. 40 élèves attendent sur la piste de danse pour suivre le cours d’Eddie Torrès, « the MAMBO KING », comme on le surnomme dans le milieu musical pro de la Salsa New Yorkaise.

La salle est sombre et derrière le bar, les serveurs s’affairent. Un couple bizarrement assorti répète ses pas sur le côté avec une application un peu maladroite.

Nous avons payé 40 de nos précieux dollars à Elliott, figure étrange qui, nous l’apprendrons au fil des jours, est « l’homme à tout faire » d’Eddie. Pas de trace du maître, nous sommes un peu anxieux, les semaines de préparation bruxelloise vont-elles porter leurs fruits ?

Soudain, notre homme pénètre dans la salle et salue les habitués. Short, t-shirt, baskets, grosses lunettes et casque de motard, il a beaucoup grossi depuis le tournage de la vidéo. Un lutin souriant engoncé dans un immense t-shirt le suit, qui s’avérera être sa femme, Maria Torrès, et prendra en charge les cours débutants.

Eddie s’assied, une danseuse monte sur le podium, et les « Open Shines » se mettent à défiler à un rythme endiablé. Le Maestro grommelle dans le micro et nous exécutons dans la foulée une succession de pas complexes inspirés du Jazz, du Boogaloo, du Tap Dancing, de la Pachanga…

Les influences sont diverses et Eddie lui-même qualifiera son style d’ »éclectique ». Le niveau technique est impressionnant pour un cours « Intermediate », et sans la préparation que nous nous étions imposée avant le voyage, nous serions tout à fait perdus.

Plus tard, nous abordons le « Partner Work ». On travaille sans musique, avec méthode. Toutes les 3 minutes, changement de partenaire. Lentement, les gestes s’affinent, le « Turn » prend forme. Et 10 minutes avant la fin du cours… musique ! Les gestes affectés des danseurs, inspirés par le « Ballroom Dancing » ne me séduisent pas vraiment. Sans doute n’ont-ils jamais eu l’occasion de voir danser le Guaguanco, dans le style « sucio » de la « calle » ! Quelques femmes seulement trouveront grâce à mes yeux peut-être trop exigeants… , mais celles-là, je m’en souviens : une grâce naturelle enrichie d’une technique bien travaillée… superbes images qui me restent en mémoire ! La structure des pas m’a semblé par contre fort intéressante.

Comme le soulignait Tito Puente, le « Break On Two » coïncide avec la claque de la « Tumba » sur le 2e temps de la musique, et pour le reste, les déplacements de base sont ceux du Casino cubain déplacés d’un temps. Le « Cross Body Lead » est une variante parallèle du « Dile Que No » cubain. Dans le Mambo, les femmes occupent une place active et possèdent une technique élaborée. Au cours de nos excursions nocturnes, nous verrons quelques danseurs de très bon niveau, et notamment un mini-show d’Eddie & Maria Torrès, impressionnants de technique et de complicité.

Pour conclure, le Mambo New Yorkais, surprenant défilé d’accélérations et de langueurs dont l’origine cubaine des années 50 est encore perceptible, m’a semblé à l’image de la ville elle-même : un mélange cosmopolite empreint d’une sophistication un peu hautaine, qui ne se révèle vraiment que si l’on en paye le prix.

(Traduction de Alain Vander Linden)

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