Danser socialement en couple

Vous voulez apprendre à danser pour le plaisir ? ….. c’est à dire vous faire plaisir avec des mouvement … en harmonie avec la musique et avec votre partenaire, habituel(le), d’un soir, ou d’une danse…..

Ce qu’on va vous apprendre dans pas mal de dits cours de danse avec des dits prof de danse, ce sont des figures, des chorégraphies, de plus en plus spectaculaires ….. mais en fait, en loisir, ce qu’ attend souvent votre partenaire d’un soir, d’une danse …….. c’est d’ abord que ce soit agréable donc que vous sachiez évoluer en complicité ( donc une base du pas maîtrisée dans le rythme et compréhension mutuelle) et vous comporter socialement ………. et ce qu’il (ou elle) appréciera souvent en premier lieu c’est votre suivi bien réactif, ou votre conduite agréable, votre coopération, votre sourire…. et ça on ne l’enseigne pas (ou trop peu) , et pour cause … ça n’est pas spectaculaire et marketing.

J’ai lu quelques lignes sur des forum divers ………..et qu’est ce que j’ai vu….. des filles qui râlent parce que les danseurs font de l’ altérophilie…. des danseurs râlent parce que les danseuses attendent qu’on les tractent (en soulignant « que faire d’autre que se développer les muscles ») …..

Alors, danseurs ou danseuses. …. laisser un peu les innombrables chorégraphies vites oubliées et travaillez votre sensibilité (à la musique, à la coordination), votre « complicité », …..c’est difficile, c’est ingrat, ce n’est pas spectaculaire au public…… mais il est désagréable d’être en décalage entre partenaires et/ou avec la musique, les danseuses n’imaginent pas combien c’est désagréable au danseur de se laisser traîner et les danseurs n’imaginent pas comme c’est désagréable aux danseuses de se faire tirer/pousser activement voire brutalement (mais bon certaines ne laissent pas le choix) et surtout les envoyer à perpette (c’est elle qui doit aller à perpette si elle a envie, pas au danseur de l’y éjecter). Puis soignez vos gestes, votre équilibre, vos tours, améliorez votre vitesse, votre technique …..

Et alors seulement ajoutez dessus des nouvelles chorégraphies plus difficiles …… en prenant soin de les réaliser dans l’esprit de la complicité, et avec la musique….. inutile d’espérer une figure de façon agréable s’il faut pour aller au bout jouer les trimballages, moulinettes et autres, ni l’un ni l’autre n’auront vraiment de plaisir …. sauf celui de croire (les deux ou pire l’un ou l’autre) « savoir danser ».

Le forçage « moulinette » n’a pas lieu d’être si le danseur sait placer ses appuis ou il faut et quand il faut et si la danseuse sait l’exploiter avec elle même ses appuis ou il faut et quand il faut.
C’est la danseuse qui danse, sous la conduite du danseur, pas le danseur qui la « fait » danser……. c’est a cause de cette erreur de principe qu’on constate des danseuses ou danseurs spectaculaires (ou se croyant telle ou tel) avec qui personne ou presque ne prend de plaisir.

La conduite du danseur ….. ferme, solide mais doux et adapté…. et c’est pas facile ….. je ne suis pas encore très précis dans la conduite…. pas encore très technique ….. pas encore corporellement très solide….. pas encore très équilibré …… je conduit plutôt « cool » (doux diront certaines sportives, mou diront d’autres… mais doux et mou c’est différent) … et chez des rockeuses on m’a même dit « dur » (eh oui… chez certaines … ma petite fermeté latine c’est « dur » et « rigide »), je « m’adapte » à ma partenaire…… mais c’est moi qui conduit…..ou du moins qui ne me fait pas conduire.

La conduite n’est pas une technique mais un « art » …. il y a 50% de constante technique (équilibre etc) d’accord mais 50 % de paramétrage très variable ……. et nos danseuses n’en sont pas toujours bien conscientes…. ces 50% ne sont pas codifiés, et le danseur ne peut pas deviner au sens statistique globale puis danseuse par danseuse …. ça passe du très doux au très ferme (tout en ayant un résultat qui passe)…. et bien souvent s’il conduit d’entrée de jeu comme ci ou comme ça, c’est qu’on l’y a habitué …. et comment s’habitue-t-il? ….. ben, en fonction de ce qu’attendent ses danseuses plus fréquentes….. et quand il tombe sur une danseuse plus « différente » il lui faut s’adapter …. car c’est lui qui est souvent mis en cause….
Notre culture a bien rentré dans les esprits que « si le danseur guide bien patati patata… » ce qui est vrai … mais si la danseuse « réagi bien » ça sera peut-être pas plus mal…. et dans mes expériences de cours et sociales …. j’entends bien plus souvent  » tu m’as mal guidé » que « j’ai mal compris » ou « je ne sais pas bien suivre dans ce paramétrage »…….
Et c’est quoi bien, mal ?…. c’est subjectif et dans beaucoup de cas c’est en fait ce « qu’attend » l’autre…. mais quand l’autre change … le « bien », « le mal » change aussi.
Et le pauvre danseur est tellement au départ mis en cause dans sa conduite qu’il met des lustres à prendre une confiance (bon sauf quelques frimeurs), en plus il faut qu’il gère l’espace, les figures……son corps (qu’il n’a pas forcément fait beaucoup travailler dans ce sens)…. c’est marrant de constater qu’un nombre de femmes savent danser sans prendre de cours (bon pas toutes pensent comme ça heureusement) et aucun homme ne sait …… je veux bien qu’il y ai des phénomènes culturels mais quand même. Après ça change, eh eh…il ne s’en laisse plus compter par les belles, même si ce n’est pas un champion.

On relira un passage de la bible « technique des danses latino américaines » de Walter Laird (au début je crois)….. ou il parle de conduite …. en abordant la conduite « d’attitude » (ou on pourrait quasiment conduire sans se toucher) et la conduite « physique » (pression ….).. et il dit un moment un truc du genre « quand le partenaire à besoin d’une conduite physique …… », on sous-entend donc que certains (es) partenaires n’aient pas besoin d’une grande « fermeté » (de conduite j’entends, pas du corps) pour très bien réagir et d’autres à qui il faut « s’imposer »…… oui d’accord moi c’est ce que j’aurais effectivement constaté ….. mais ça c’est pas bien connu des danseuses….. il leur faut « accepter » divers façons de conduire, voire s’y adapter … ou au pire informer le danseur (gentiment en ne lui faisant pas interpréter qu’il est à coté de la plaque au sens large) qu’elle a besoin, elle, de tel type de conduite (il serait alors quand même délicat dans ce cas que les deux fasse la moitié de l’adaptation).

Et j’ai relu ça parce que, il y a longtemps que je retourne ce sujet, car moi qui n’a pas vraiment de fidélité partenariale , j’en vois un peu de toutes les couleurs (et parfois j’en ai un peu marre d’être mauvais conducteur à chaque nouvelle danseuse). Maintenant je sais (du moins des danseuses m’ont dit) qu’elles n’aiment pas être « poussées » dans le dos, ni prises en « punching ball »……. mais je constate aussi par ailleurs que certaines « attendent qu’on les pousse »… ou … celle ci voudra un coup de poignet dans telle figure, mais celle là n’en voudra surtout pas….. une constante technique existe peut-être mais tout le monde ne connaît pas la même… il y a une partie « physique » c’est sur mais ça ne résout pas tout … il y a ce « variable ».
A aucun moment Walter Laird ne se mouille vraiment là dessus et même il ouvre carrément avec son texte.
(bouquin intéressant… mais bon, ce n’est bien qu’avec une « explication de texte » via des cours ou à défaut après avoir déjà fait pas mal de cours).
Et dans le paramétrage variable, quand on voit le nombres de boutons de réglages des dames…. et les messieurs qui n’ont que « on/off ».

Par Jean Yves Ménard. (06/2002)

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