La SALSA

La SALSA, une expression qui monte …… un nom qui se fait connaître.
Mais qu’ est-ce donc que la salsa ?

Une (des) musique, une (des) danse, une (des) culture, une origine, une langue, un (des) style ? ?
C’ est un peu tout ça à la fois médiatisé sous un nom, un label commercial crée pour promouvoir un état de fait culturel mais absolument pas une identification sans ambiguïté de structure de musique et/ou danse très spécifique .
Et peut-on s’ exprimer salsa (musique, danse) sans la comprendre, peut-on la comprendre sans s’ intéresser à ses racines, à son histoire, à sa structure musicale, à sa culture,…… à sa vie ?

Les amateurs de SALSA ne peuvent ignorer ses principales origines et outre celles ancestrales, ses aînés plus récents que sont boléro, son, rumba, danzon, mambo, chachacha pour ne citer que les plus diffusés et …. même j’ ajouterai….. le tango, et oui …lié à la habanera Cubaine, et aussi merengué, cumbia, columbia…..

Aussi, voici donc quelques notions sur certains aînés, qui donneront un mélange des cultures dont une origine rythmique africaine significative alliée à des mélodies latines ainsi que des « pas de danses » Européens.

– une rythmique …. Dont la dite clave que l’ on présentera plus loin.
-des Mélodies, hispaniques (habanera, boléro..entres autres) mais aussi autres.
-des pas de danses, ceux de la cours d’ Angleterre (country-danse devenue contre-danse en France puis contradanza en Espagne) alliés à la culture des esclaves africains (avec la rumba).

De ce mélange, va donc naître du coté de Cuba, la Habanera (qui sent très fort ce qu’ on appelera le tango plus tard) puis le boléro-cubain (qui fleure encore un peu son ancêtre hispanique et préfigure encore un air de tango, à l’ écoute de titres identifiés comme tels par leurs compositeurs) puis le danzon , gajira et son (qui vont être habillé par les pas de la contre-danse), et du coté Haïti/Rep Dominicaine le merengué, et aux antilles le zouk….. puis aux USA, au contact du jazz et des ressortissants d’ Amérique Latine, viendront le mambo, le chachacha, le bogaloo ephémère et enfin……. ce qu’ on a vendu sous un titre salsa pour continuer la course vers des salsas typées, aux USA et ailleurs, ….jusqu’ à la timba.
La voici donc cette salsa, un mélange des mélanges, complexe, on peut tout y reconnaître ou ne rien y reconnaître, ou croire reconnaître le caractère chachacha se frotte au caractère merengue….. au mambo et tout (voire plus) ce qui est listé au dessus. Les danseurs pourront même y confondre les divers composantes, combien hésiteront parfois entre danser un pas de chachacha, de merengue……de salsa.. à tel point que tout mélange d’ origine entrant dans la composition salsa ou même mélanges ultérieurs finiront par se faire appeler aussi salsa (que je distinguerai terminologiquement par salsa « au sens large »).
Il existe cependant une identification de salsa dans un sens plus stricte qui se voudrait identificateur d’ une structure musicale plus spécifique, mais est-ce que ce qu’ on a appelé salsa (donc au sens stricte) est vraiment un « nouveau » mélange corrélé avec l’ apparition du nom? écoutez certains titre dits de salsa et .. il serait parfois bien difficile de les différencier d’ un titre mambo, d’ ailleurs ce qu’ on appelle salsa « new-York » un peu partout s’ appelle toujours mambo à new-york (là ou est née …. La dite salsa), et pourtant certains articles Français placent le mambo tout de même dans le milieu salsa (plutôt proche du stricte) mais un peu à part (le respect de son identité volée peut-être ou simplement son ancienneté). Le terme salsa est un terme résolument crée pour l’ aspect commercial et qui a donc tout simplement réhabillé le … Mambo avant de se diversifier quelque peu, non la salsa (même dite stricte) à sa création n’ est pas une révolution structurelle des mélanges musicaux, lifting d’ un ainé tout au plus (et encore) et nouvelle carte d’ identité, et c’ est ce lifting de mambo qu’ on pourrait alors qualifier de salsa dite au sens stricte. Toutefois on peut considérer qu’ après (peu après même) cette opération terminologique et sociale (car correspond tout de même à un besoin de reconnaissance, d’ expression de la communauté latino aux USA) se sont développé des expressions latino plus mélangées (moins mambo lifté pourrait on dire) s’ identifiant naturellement sous le nom de salsa, et c’ est cette évolution qui n’ a donc pas pris de nom propre (en gardant le nom salsa de la nouvelle identité du mambo) que l’ on pourrait qualifier de salsa au sens stricte. Nous sommes donc en présence d’ une frontière musicale un peu floue entre le père mambo commercialement renommé salsa et les fils mambo, certains bien éclairés et puristes (un peu partout) considèreront le nom d’ origine mambo du père pour le père lifté et le nom salsa pour les fils, d’ autres (New-York …) garderont mambo pour le père et pour les fils (au moins disons les aînés) et d’ autres encore (plutôt Europe) qui appelleront toute la famille salsa depuis sa date de création commerciale (incluant donc le mambo injustement renommé).
Et la rumba… tiens je n’ en ai presque pas parlé, c’ est que c’ est une base des plus importantes de la vie salsa mais il s’ agit là plutôt d’ une danse et la danse que l’ on appelle rumba en occident n’ est pas la rumba africaine d’ origine (liée aux rites locaux), non, notre rumba « contemporaine » est une danse qui malgré tout s’ inspire de la sensualité de sa lointaine origine mais en y utilisant des expressions corporelles plus « mondaines » puisées dans la contre-danse (déjà intégrée aux son, danzon, boléro) et pouvant s’ exprimer sur le rythme lent et langoureux d’ un boléro, d’ un boléro-son, voire d’ un son lent. En d’ autre termes la musique de rumba n’ a pas vraiment d’ identité musicale source et il s’ agit de son lent (alias bolero-son en fait) qui prend selon les continents le nom rumba de la danse employée (on trouve parfois rumba-boléro), mais d’ autres types de pas sont aussi parfois employés sur ces même musiques, ceux proches du tango même (on a vu plus haut l’ air musical de tango pour le boléro). On trouve sur certains articles une équivalence rumba/boléro et ce qui s’ appellerait rumba aux USA serait ce qu’ on appelle boléro en Europe et peut-être même aux Carraibes, le rapprochement du boléro à la rumba est quasi certain mais une affectation terminologique aussi tranchée n’ est peut-être aussi évidente.
Dès que la cadence s’ accélère un peu, ce qui peut se faire avec ces mêmes rythmes (tout en gardant une structure douce et sensuelle), la langueur de l’ expression corporelle rumba ne s’ y prête plus et la danse s’ y adapte en gardant toutefois les conventions de pas, ceux ci deviendront un peu plus courts, plus serrés, quelque peu plus rapides, l’ utilisation en milieu plus peuplé en fera aussi une danse plus économe au mètre carré, nous arrivons à l’ expression corporelle plus mambo.
Avec la suite, qui est donc la rencontre des peuples afro-latin et jazz on trouvera donc le mambo (qui gardera une structure danse de la rumba en s’ adaptant encore une vitesse encore plus élevée et en adoptant des chorégraphies empruntées au swing, mais on trouvera aussi d’ autres formes moins employées, ou disons moins internationalisées), et le chachacha (un descendant de mambo adapté pour les danseurs), puis la salsa médiatisée (dont on trouvera toujours des formes dansantes très mambo, et pour cause, mais aussi d’ autres formes de par la large diffusion de la musique).

Quelques mots sur des styles « périphériques » ou héritiers de la salsa :
Le latin jazz, pas très dansant sur les pas de salsa, pas plus que n’ est dansant le free jazz, Miles Davis… interprète de free jazz mais aussi… latin jazz avec des grands noms latinos tels que Tito Puente, monde salsa .. monde jazz…. ? on ne sait plus , aurait on une sauce des sauces de sauce. Certains articles salsa parlent du latin-jazz, mais à ce jour soit en l’ excluant du label salsa (au sens large), soit en l’ intégrant mais en étant très prudent dans les termes .. et c’ est bien ainsi, le latin jazz semble avoir son caractère distinct, sans confusion et sans besoin de l’ aide du terme médiatique, abordons le style mais gardons lui la place musicale distincte qu’ il mérite.

La latin house ou latin pop (« un, dos, tres » par exemple), certains articles l’ excluent résolument du label salsa (sens large), d’ autres l’ intègrent (certains du bout des dents). C’ est de la rythmique salsa, dansable comme tel, mais bon, de voix ou orchestrations plus pop, de milieu un peu différent, et pour l’ instant sans étiquette salsa entérinée, à chacun son interprétation, mais c’ est « classement » purement commercial et/ou d’ identité culturelle.

La Timba, c’ est l’ expression plus nouvelle Cubaine (un peu mambo, un peu rap, un peu tout ce qui de fin de siècle), qui au début se voulait surtout pas de label salsa, mais depuis, personne ne conteste plus son appartenance au label salsa (au sens large ou même plus stricte), le commerce a ses besoins. CE style timba est aussi associé à un rythme appelé songo (terme qui n’ a pas eu de médiatisation)

On trouve aussi le terme despelote qui serait un dérivé de timba particulièrement frénétique.

Un dernier mot sur des cousins de la salsa, la samba and co. Non, je n’ irai pas à contre courant en l’ intégrant délibérément dans le label salsa, mais c’ est la même histoire , on retrouve le rythme Africain bien sur, la sensualité, voire le jeux érotique, ce rythme Africain exprimé non pas sur des claves de navires ici mais sur autre percussion.
Musicalement on y trouve des similitudes entre samba et salsa, la bossa nova entre autres (souvent associée au latin-jazz, appelée aussi samba-jazz) se ressent vite vite lent et même se danse de façon assez voisine à certains styles de salsa, le déhanché est présent. Une différence cependant c’ est vrai, ce n’ est pas résolument…. Hispanique, est-ce là une raison de sa non intégration au label commercial salsa, respectons donc cette découpe plus culturelle que musicale.
Le tango ? cousin aussi, pourquoi pas, de part l’ hérédité habanera (et le vite vite lent ….), on lui consacrera un article, mais disons ici que son parcours lui a donné une orientation toujours sensuelle mais plus triste, arrogante aussi, ce qui n’ est pas très compatible avec le monde coloré de la salsa ou même samba et le tango gardera son propre label (d’ ailleurs déjà parfaitement médiatisé bien avant le label salsa).

Alors, on connaît donc maintenant un peu mieux cette vague salsa et ce que veut dire le mot dépendra de cette connaissance et/ou de ce qu’ on veut y associer. Le musicien pourra y voir un ensemble de rythmes , une famille musicale (comme l’ est le jazz), et/ou un (ou des) rythme parmi la famille (et même une famille plus ou moins différente selon chacun) le danseur pourra y voir un ensemble de styles ou un style ou un pas, le suiveur de « tendance » y verra un mode (pour ne pas dire une mode) de vie, vestimentaire, …., le ….. y verra une langue ou une culture ou un pays ou une expression corporelle ou une attache ou une racine ou un milieu ou pourquoi pas un vecteur financier. Oui parce que c’ est tout ça, on a cependant parmi chaque « association » possible des critères d’ identification de fait (plutôt plus admis que moins) sorte de « jurisprudence » de par l’ avis du plus grand nombre mais aussi la connaissance historique et technique (qui eux peuvent avoir des points plus scientifiques et mesurables). En sommes il faut savoir de quelle (ou quelles) association il s’ agit quand on aborde le sujet (implicite ou non selon les contextes).
….. voici pour la salsa mais ce n’ est pas un cas unique, le raisonnement sera très similaire pour le jazz ( swing …be bop…. rock’ n roll …) et que sais-je d’ autre, la pop, le disco, le rap, la techno peut-être, enfin….. tout mouvement significatif surtout quand il se diffuse et se généralise, certains seront limités dans le temps d’ autres moins (et plus c’ est étendu, plus ça vie et….. plus l’ association du sens se complique).

Par Jean Yves Ménard. (07/2001)

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