Réponses à l’ article : réalités sur la salsa afro-cubaine à New-york

La Vérité peut être occultée, mais pas détruite en réponse à l’ article : REALITES SUR LA SALSA AFRO CUBAINE A NEW YORK :

Lire aussi Article de réaction composé par Joachim S. musicien ….
Lire aussi Article de réaction composé par JM Olivares danseur passionné.

 

Article composé par les lecteurs de Salsalovers à travers plusieurs Mails


La musique, comme toute expression artistique se mesure au noeud que font les tripes quand on écoute, vois ou sent l’ oeuvre. Que l’artiste soit noir blanc jaune ou violet, on en a rien a cirer. Il n’y a pas que les noirs qui ont souffert dans l’histoire, et que je sache l’esclavage existe encore en Afrique et pratiqué par des africains alors …

Le succès d’une forme artistique est soit commerciale ( bien souvent les musiques disco, techno, etc fabriquée de toute pièce comme le téléphone mobile ) ou « populaire » c’est a dire qui échappe aux commerciaux qui ne font que suivre le succès qu’ils n’ont pas crée ( comme le film Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ).
La salsa fait partie de ces musiques qui, comme beaucoup de musiques d’Amérique Latine ( c’est à dire l’Amérique qui a comme langue commune l’espagnol, langue latine comme l’italien, le portugais ou le français ) accrochent l’oreille occidentale par le rythme mais aussi les fantasmes qu’elles véhiculent. L’indien des Andes est également attiré par des musiques européennes pour les mêmes raisons ( Oui je suis allé en Amérique Latine et pas mal de fois ).

Dire que la musique latine n’existe pas … alors la musique saxonne non plus et la musique africaine non plus etc. … Qu’est-il plus important, que le musicien soit noir ou qu’il compose en espagnol ou anglais ou autre, avec la sensibilité propre au pays qu’il habite, ou rechercher l’origine première de style de musique en remontant le temps de plusieurs siècles ?N’est-ce pas faire déjà du racisme que d’écarter les blancs comme pouvant faire de la bonne salsa ? Oui il y aura toujours des précurseurs, de bons musiciens et les copieurs, les profiteurs de la mode du jour. Mais ceci n’a rien a voir avec la couleur de la peau. Quand à l’origine, la bourrée auvergnate c’est une danse latine ( des romains ) ou celte ou des francs ou des gaulois … ON S’ EN FOUT nous les danseurs. Je cherche à apprendre la valse créole. C’est une danse espagnole ? indienne ? noire ? C’est une musique avec un rythme autrichien, revue par les noirs, chantée en espagnol et dansée par des indiens. C’est donc tout simplement universellement génial. Et je l’appellerait latine parce que chantée en espagnol comme Aznavour c’est de la chanson française bien qu’il soit Arménien.
Tu est sûr que la musique de flamenco vient des gitans ?? Qu’ils sont les meilleurs interprètes ?? Tu est déjà allé en Espagne ?? Les castagnettes ont quelle origine ?? Arabe ou crétoise ?? Il ne faudrait pas que tu rencontres mon père qui t’engueulerait copieusement en disant que la salsa a pour origine les années 50. Il dansait déjà sur ces rythmes dès les années 30 ( pas avant parce qu’il était encore enfant ).
Nous habitons un grand village qui s’appelle la Terre, alors oublions la couleur de la peau car il n’y a qu’une seule race d’hominidés et ce sont les hommes. Recherchons les talents, rejetons les copieurs et OUI LA SALSA EST UNE MUSIQUE LATINE parce qu’elle est née à Cuba, habitée par des cubains qui parlent une langue commune qui est l’Espagnol qui fait elle même partie des langues latines.
Y BASTA CON LA AMARGURA DE LOS ANTEPASADOS COÑO. BAILA Y VIVE TU VIDA.
Par Jose Maria Olivares


José Maria……

J’ai lu ton commentaire fort intéressant et je te joins le mien que j’avais transmis à Michel pour Wil (je ne souhaitais pas faire une critique « ouverte »).

Je te rejoins parfaitement sur les « couleurs » et sur la définition d’une expression artistique….
de même que sur la définition du succès d’une forme artistique….
Et encore d’accord sur la définition « musique latine » mais à comprendre plus exactement « latino-américaine » comme étant de langue apporté par les colons latins sur le continent américain et dont l’une des langues est hispanique et utilisée dans la forme « salsa » (de par le coté Cuba) ….le portugais aussi sous sa forme « samba »…. (le portugais, espagnol, français …des musiques du vieux continent n’en faisant pas vraiment partie bien qu’étant latines).
« On se fout de la couleur nous les danseurs »….oui c’est vrai…. nous les musiciens aussi….. mais je nuancerais par…. »couleur des artistes » , car on peut aussi être de plus musicologue et interessé par l’histoire ou dans ce cas il se trouve que les courants sont plus ou moins influencés par des origines puis véhiculés mélangés et en passant donc par des cultures diverses…et donc dans le passé significatives noires…blanches …ou d’autres…..et en tant que amateur musicologue (et non en tant que danseur que je suis aussi)…j’admets que effectivement la musique dite « salsa » tout comme le jazz est d’influence rythmique africaine mais pas seulement, peut être les rythmes africains ont-ils initialisé le processus mais celui ci s’est presque immédiatement accompagné de mélodies hispaniques (boléro ….) voire françaises (via haiti)….. et peut-être ce « mélange » plutôt « vécu » et exploité par les communautés noires à son origine……mais de là à dire que seuls les descendants de ces communautés ont le pouvoir d’interpréter voire ressentir les musiques dérivées c’est très très exagéré….c’est possible que de par le « bain » de culture on puisse y trouver des prédispositions mais on peut (et il y a) trouver des couleurs différentes qui vivent ce même bain aujourd’hui… et on peut trouver sous d’autres latitudes des musiciens(tout comme des mélomanes) parfaitement à même de comprendre et de faire des prouesse dans des musiques dites « musiques du monde » ….on connait d’excellents musicien de jazz Européens…. même japonais….tout comme on peut inverser en disant qu’il y a d’excellents musiciens classiques noirs ou japonais. Et on trouvera surement des noirs pas si perceptible que ça aux musiques qu’on leut prête….tout comme il y a des français imperméables à la bourrée ou à la java.
Quant à l’origine salsa…. 50..70…oui c’est purement marketing….c’est tout au plus l’origine commerciale du « mot » et peut-être d’un titre….voire d’un style d’arrangement …….mais surement pas d’un rythme (ou ensemble de rythmes) ni même d’un feeling. Mais bon là tout dépend (voire mes articles) à quoi on associe le « mot » salsa….aux rythmes et sa façon d’interpreter (dans ce cas tout est salsa)….à un type d’arrangement particulier….. voire à la langue utilisée (vous ne verrez pas de titres en portugais sous ce label)….ou même à une date de création.
Je regrette parfois (mais là tout dépend de la définition du mot salsa) que des merveilleux titres en français (je pense à Bernard Lavillier) sur une très bonne rythmique de type salsa…soit clairement ignorées du monde des dits « salsaros » mais je peux comprendre…si salsa = en espagnol ou à défaut accent hispanique …alors? c’est une question de critère….mais si l’on devient moins raciste sur la couleur des interprètes, ça serait bien aussi sur la langue….même si , c’est vrai, ça change un peu « la couleur » …de l’interprétation….ça fera moins ..' »latino »…… moins « exotique »….(du coup se vendant moins bien).
Qu’est la salsa…..un rythme….une langue….une couleur….une culture…..une mode……un nom …..
Au fait ….vous croyez…qu’un excellent musicien ou danseur…..non bronzé …et non hispanique….aurait beaucoup d’écoute dans ce type d’expression….moi j’en doute….même en France et même si techniquement il pourrait en montrer aux autres……

En Jazz il y a eu aussi les rassemblements de cultures (rythmes africains intégrant des éléments occidentaux…la country irlandaise…les ballades..)….et il y avait c’est vrai au départ la communauté noire très moteur dans ce courant de mélange qui s’appela par la suite « jazz » ….. et en étant très présente dans le blues , puis le ragtime puis le boogie ….mais les autres musiciens plus musiciens que blancs ou noirs n’ont pas pu ignorer ce formidable choc de mélanges culturels…disons si on veut qu’ils ne l’ont pas « inventé » (si « invention » il peut y avoir) soit mais ils s’y sont donné aussi et ont fait progresser ….mais bien sur …la musique est la musique….les communautés sont les communautés …..on a alors vu emmerger des orchestres noirs ….puis des blancs ….chaque couleur essayant plus ou moins volontairement ou par simple évolution normale de créer un « sous style » du moins un label…… c’est comme ça qu’on est plus ou moins arrivé au rhytm & blues plutôt de communauté noire et au rock plutôt de communauté blanche en passant par le swing ….le dixieland (réponse blanche au new Orléans puis repris par beaucoup de musiciens noirs)…..le be-bop……
Aujourd’hui on a toujours des interprétations de ces divers styles (et des nouvelles) , et si on peut les considérer « d’origine » noir ou blanc, on les interprète de toutes les couleurs….le jazz c’est maintenant le jazz…..dans tous ses styles ….. on disait jazz noir…jazz blanc….maintenant on dit jazz…. style x ou y……. on a même dit à une époque plus récente Jazz américain (toute couleur) ….jazz européen (là un peu plus blanc mais ce n’est pas une question de couleur…seulement d’hitoire des mélanges)….anglais même …ou français …ou….. .. bof maintenant même ces « distinctions » n’auraient pas de sens……si on veut oui pour certains style d’origine…mais plus par leurs interprètes et auditeurs d’aujourd’hui…… les communications ont cassés ces clivages….. les musiciens on aboli les fontières bien avant les politiciens, peut-être pas instantanément…il devaient chacun de leur coté intégrer la musique des autres ce qui prenait un peu de temps …mais chacun s’interessait aux autres….. certains diront c’est du copiage..du vol de culture….mais d’autres diront ce sont des échanges tout simplement et tout échange est un enrichissement, vaut-il mieux s’inspirer de la musique des autres ou vaut-il mieux l’ignorer…..la réponse est pour moi évidente.
Peut-être verrons nous ce même scénario pour la salsa….dont les chacha , les boléros…les mambos ont déjà pris ce même chemin depuis longtemps…seuls le « mot » salsa et ses « lieux » sont encore apparament quelque peu « associés » à des critères culturels …… peut-être plutôt liés avec les intérêts commerciaux de la vague qu’aux passionnés mais ça évoluera naturellement…j’y crois ….un jour la salsa réappartiendra dans son ensemble aux musiciens (et danseurs bien sur) toute culture bienvenue.

Très cordialement…..
Jean Yves Ménard


Dans un courrier daté du 13/12/01 17:11:42 Greenwich, wil.man@caramail.com a écrit :

salut José Maria.
Je te remercie pour ton mail. Avant de répondre sur l’aspect musical, je souhaite réagir sur ton commentaire qui parle de « femmes noires comme le charbon » au Pérou. Je souhaite juste te dire qu’on n’a pas besoin d’être « noir comme le charbon pour être « réellement » noir. Tu commets le même erreur que « l’ éthnologie coloniale qui s’est longtemps amusée à « classer », opposer les peuples africains uniquement à partir d’une variété de physionomies qui existent aussi dans tous les autres froupes humains de la terre. En Afrique, des millions d’africains ont la peau claire, et ils sont aussi des noirs-africains au même titre que tous les autres, tout comme les italiens, les espagnols, les grecs,les roumains, etc, sont des blancs-
européens au même titre que les allemands, les suédois, les
norvégiens, etc…

Pour revenir sur la musique, je suis déçu par tes propos, car je dirais qu’ils font hélas partie de cette « habitude » occidentale qui consiste à toujours vouloir nier aux noirs leurs inventions, ou alors à « écarter » l’Afrique, car l’imaginaire occidental a toujours nié à l’Afrique noire toute capacité civilisationnelle. Tous les rythmes que j’ai cités dans mon texte font partie de ce qu’on appelle la musique afro-cubaine. Ce n’est pas moi qui le dit, tu le sais bien. Les noirs cubains, contrairement aux antillais francophones par exemple, n’ont JAMAIS voulu se séparer du mot « Afro », comme tu le souhaiterais. Dès les années 1920, le TRIO MATAMOROS (par exemple) parle de sa musique comme étant afro-cubaine. Quand le trés grand compositeur et arrageur MARIO BAUZA invente une nouvelle musique(avec CHANO POZO) en 1943 à New-York, il la qualifie de jazz Afro-cubain. Et aujourd’hui, quand on entend parler CHUCHO VALDES ou OMAR SOSA, le mot « Afro » est toujours accolé à l’appellation qu’ils donnent à leurs musiques. Si les noirs-cubains n’ont jamais voulu se séparer du mot « Afro », c’est parce qu’ils ont conscience de la PUISSANCE de l’héritage africain à Cuba. C’est l’Afrique qui est à la base de toutes les musiques afro-cubaines, salsa comprise. Si tu enlèves l’héritage africain, il n’y a plus de musique cubaine et on ne peut plus danser. Si tu enlèves l’apport espagnol, on pourra quand même danser sur cette musique.

C’est toujours à L’Afrique que les musiciens Afro-cubains ont toujopurs rendu hommage, et jamais à l’ Espagne (à l’ exception de Paquito D’Rivera). Le papa de Cachaito lopez, ORESTES LOPEZ, composa le splendide morceau « Viva Africa », dans les années 40. ISRAEL LOPEZ CACHAO composa en 1995 « Africa Suite », et ainsi de suite jusqu’aux musiciens actuels. Il me semble que nous devons avoir l’intelligence de RESPECTER cette volonté des noirs-cubains de rappeler l’africanité (certes métissée) de leurs musiques et leur être. Vouloir toujours dire aux noirs comment ils doivent se voir conduit toujours à l’aveuglement et à ce cancer qu’est le REVISIONNISME, et qui fait tant de mal à l’histoire des peuples noirs en général. Les musiques inventées par les noirs à Cuba sont forcément des musiques AFRO-CUBAINES, et cette appellation est la seule qui soit juste. Le mot musique « latine » ne veut rien dire, et son seul mérite est de procurer des ILLUSIONS à ceux qui l’emploie. SUSANA BACA parle toujours de musique Afro-péruvienne, et JAMAIS de musique « latine », et je respecte la mémoire de son peuple afro-péruvien.

Tous ceux qui essayent de vouloir « voler » aux noirs l’histoire de leurs créations musicales devraient se souvenir que sans le courage de ces noirs (qui ont perpétuié leurs cultures malgré la sauvagerie de le répression des colons), aucune de ces musiques n’existerait aujourd’hui. Les noirs cubains sont attachés à leur héritage africain, fortement, plus qu’aucune autre communauté de la diaspora. Chaque année à Cuba, on organise un festival de musiques dédié à chaque pays africain. A Cuba et dans le reste des caraibes, il y’a des dizaines de rythmes que seuls les (vieux) musiciens noirs savent encore jouer correctement. La musique « latine » N’ EXISTE PAS tout simplement parce que le peuple qui a inventé cette musique n’est pas un peuple « latin ». La musique est « universelle » car toute personne peut apprécier toute musique de son choix. Mais les musiques ont une histoire et expriment l’âme et les émotions du peuple qui les ont inventés.

Chaque peuple est le meilleur représentant de sa musique et de sa culture. Les illusions du marketing, le « baba coolisme » post-moderne font croire que désormais « tout le monde peut tout faire aussi bien que tout le monde ». Eh bien, non. Car l’accès à la culture de « l’autre » nécessite beaucoup de travail et d’humilité, et ce n’est que dans ce cas qu’on peut espèrer exprimer la culture de « l’autre ». C’est le cas de la saxophoniste canadienne JANE BUNNETT (que j’aime beaucoup) qui à force de travail acharné, d’humilité, d’apprentissage auprès des musiciens afro-cubains (la source incontournable), est aujourd’hui une des meilleures interprètes de jazz Afro-cubain au monde. C’est cette exigence qui nous anime et qui nous empeche de perdre notre argent et notre temps avec tous ces imposteurs qui encombrent l’espace musical, à cause de l’ignorance ambiante, le music business et la superficialité de nos sociétés occidentales.
La vérité de chaque musique est dans les mains du peuple qui l’a crée.
PS: N’hésites pas à transmettre ce courrier à d’autres personnes qui, comme toi, ont un intéret pour les musiques afro-carribéennes.


Réponse de José Maria,
Je rends hommage à ton savoir musical que je n’ai pas, mais vois-tu, je suis assez primaire tout compte fait. Là où tu vois un savoir « blanc » un apport « noir » une invention « jaune » etc. , moi je vois une œuvre d’homme.
Chacun peut avoir ses préférences pour un cheval noir ou un cheval blanc mais tous les deux sont de la race des équidés c’est à dire de la même race. Je réagis aussi épidermiquement lorsqu’un « blanc » fait une quelconque allusion que je n’hésite pas de qualifier de raciste envers un autre homme, que l’inverse. Je ne suis pas supérieur à un autre homme à cause de ma couleur MAIS aucun homme ne m’est supérieur grâce à sa couleur et je ne serai pas humble comme JANE BUNNETT devant qui ou quoi que ce soit parce que je suis « blanc ».
J’espère que tu comprends que ce que je regarde chez un homme c’est tout sauf sa couleur. Si je parlais de femmes noires comme du charbon c’est pour augmenter l’effet de contraste dans mes propos. Je suis désolé je ne fais pas dans la race.

Oui il existe des noirs racistes MALHEUREUSEMENT car avec leur histoire justement ils devraient savoir où tout ceci mène. Toute civilisation dans le monde, tout individu dans le monde, toi, moi, chacun à son niveau amène une grosse ou petite pierre à l’édification d’une civilisation quelle qu’elle soit, bonne ou mauvaise. Faisons en sorte qu’elle soit bonne. Oui n’oublions pas mais pour ne pas tomber dans la même ornière pas pour la perpétrer.
Bien sûr que les hommes de couleur noire ont inventé des choses et fait de la bonne musique etc… les blancs aussi, les jaunes aussi, les rouges aussi. N’est-il pas temps de dépasser ce stade ?? D’arrêter de jeter de l’huile sur le feu ??
Tu veux des vérités ? A l’âge du bronze, le vainqueur d’une bataille passait au fil de l’épée ( de bronze ) tous les mâles, même entre « blancs ». C’est super n’est-ce pas ? Plus proche, la croisade des Albigeois. Simon de Montfort disant à propos de Cathares << tues-les tous, Dieu reconnaîtra les siens >> Génial !!. J’arrête les histoires plus récentes parce qu’on en terminerait jamais. Là t’est content j’ai cité des massacres entre « blancs » mais sur les autres continents c’est la même chose sauf que je ne connais pas aussi bien leur histoire, c’est tout. On doit considérer de l’histoire passée à étudier et méditer pour ne pas refaire les mêmes conneries. Un prof me disait << Faire l’erreur une fois c’est formateur, la faire deux fois, c’est peut-être de l’étourderie, la faire trois fois c’est de la débilité mentale >> Ca y est, on a fait la connerie de jouer avec les couleurs de peau X fois, ne soyons plus débiles.
Alors oui maintenant il y a un espoir, c’est le tribunal international punissant les crimes contre l’humanité ALORS PROFITONS-EN ET TOURNONS LA PAGE.

Reprenons la musique. Tu dis s’il n’y a plus de musique africaine on ne peut plus danser la salsa. L’Afrique a inventé la guitare ? Non alors on supprime. Elle a inventé la trompette ? Non alors on supprime. Elle a inventé « los timbales » ? Non alors on supprime. Elle a inventé le trombone ? Non alors on supprime. Le piano, la flûte …. Merde, qu’est-ce qui reste à l’orchestre pour jouer la salsa ?
Certes, on peut danser au son des tambours, à l’africaine mais c’est une autre musique tout à fait respectable par ailleurs mais ce n’est plus la salsa. Ah oui, ce ne sont que des instruments. Tiens, les musiciens qui se disent afro écrivent leur musique en utilisant quelle codification ? Des notes ? c’est pas africain ça. Mais il y a le rythme. Exact, il n’y a que les « noirs » qui ont du rythme. La Polka c’est lent, la java pas très caliente.
Arrête de contredire la génétique. Lorsqu’une population reste enfermée sur elle même, son patrimoine génétique régresse. Lorsque des populations très éloignées génétiquement se mélangent, le patrimoine génétique s’enrichit, les gènes améliorant la descendance s’expriment mieux et les gènes récessifs disparaissent.
Alors pourquoi refuser ce merveilleux mélange qui s’est produit en Amérique Latine entre gens génétiquement très différents ? Pourquoi leur refuser la création ( ce qui est mieux encore que la reproduction ) d’une culture originale ? La culture Latino Américaine. Car je crois que la culture n’est dépendante que du lieu de sa naissance.

Enfin je vais te rendre heureux. Tous les hommes descendent d’une mutation ou évolution qui s’est produite vraisemblablement en Afrique. Alors si on veut remonter l’histoire de l’homme pour dénoncer ses turpitudes, remontons la à fond, jusqu’aux origines, l’Afrique. Alors là présentement on est tous africains, comme tu dis toi même avec la peau plus ou moins noire ou blanche.

Allez salut vieux frère de race afro ce que tu veux. Moi c’est afro-catalane, non afro-cartaginoise car Barcelone a été fondée par Hannibal Barca, non afro-romaine car les romains sont restés 5 siècles, non afro-hibères n’oublions pas les premières origines, non afro-phénicienne, afro-grecque …
AU SECOURS je suis également issu d’un mélange de peuples comme les cubains !

Jose-Maria


DE Jean Yves Ménard :
Merci pour ta réponse José et bravo pour ton analyse (tes… car j’ai lu aussi la concaténation de Michel)….. je n’ai rien à redire …rien…. et je partage parfaitement cette analyse….c’est la même que pour je jazz (que j’ai étudié avant ce mot « salsa »)….
J’ai réétudié mes notes historiques ce week-end…. tout concorde…..
Wil à raison de faire référence à l’Afrique dans « l’origine » de ces nouveaux courants et je crois que personne ne s’y oppose….. seulement ces nouveaux courants n’auraient peut-être jamais été ce qu’ils sont sans les influences diverses et variées….apportant divers instruments.. diverses mélodies…. diverses langues….
On reconnaît dans tous les écrits … »l’initiative » des communautés noires dans ce mélange culturel…mais après tout s’est enchaîné…. des groupes « noirs » se sont crées (et les musiciens blancs exclus bien sur)…mais des groupes « blancs » (US puis Europe) se sont crées (et les musiciens noirs pas toujours bienvenus….c’est l’histoire)…. et ceci en Amérique du nord ….en Caraibes ….au Brésil… bref partout ou le mélange culturel a pu se produire…..et je ne crois vraiment pas qu’on puisse dire qu »une « initiative » d’un mélange donné soit suffisante pour mériter une quelconque « propriété » culturelle de base…. comme tu dis …les tambours et la clave sans la guitare puis les trompettes …et du plus sans certaines mélodies…. et même la danse (le danzon…. c’est la contre-danse Européenne….).
Mais je reconnais aussi que sans les rythmes africains… le jazz ….la musique « latino » ….n’aurait peut-être pas été ce qu’on connaît…. et à noter que je fais bien attention quand je parle d’influences de m’appuyer sur des références géographiques ou communautaires et non de couleur…..qui ont pu être liés bien sûr … mais ce n’est pas la couleur qui aurait pu donner telle ou telle influence… c’est le bain culturel. La communauté d’origine africaine a donc su la première à naviguer avec ces mélanges… c’est elle qui a la première exploité sa culture avec progressivement toutes les influences environnantes nouvelles qui s’offraient à elle….je lui rend hommage et l’en remercie….mais ça c’est l’histoire….le résultat musical lui.. a vécu ….. et bien vécu….et s’est propagé… et des histoires de ce genre on en trouve des tas …. sur toute aire géographique… c’est ainsi ….l’histoire se construit..
Je ne sais pas ce qu’aurait été l’histoire musicale si Mozart avait pu s’imprégner d’expressions musicales plus lointaines telles les africaines ou autres… peut-être aurait-il été le premier à en mélanger des éléments avec sa musique… tous nos grand musiciens occidentaux ont voyagé à travers l’Europe pour s’enrichir….l’ Afrique était sans doute encore trop loin….nul doute que dans un premier temps ces musiques « lointaines » auraient été considérées comme impropre à l’utilisation….mais le temps fait sont travail… ce qui est trop nouveau devient plus familier avec le temps et inspire alors des mélanges. Il paraîtrait également qu’on aurait trouvé chez Mozart… des arythmies dans certains de ses essais… aurait-il préfiguré certains rythmes existants naturellement depuis longtemps en Afrique …et ceci sans aucune influence….l’évolution des recherches musicales… basée sur le rythme, les cotés mélodiques et harmoniques étant à leur saturation. L’ Afrique de son coté a pris un chemin différent basant toute son expression sur le rythme… et sa communauté déracinée s’est naturellement et rapidement enrichie avec mélodies et harmonies qui faisaient encore défaut.
Et au fait si on veut s’appuyer sur des capacités « originelles »….vous connaissez beaucoup de musiciennes dans l’histoire des musiques dont on parle (et même Européennes d’ailleurs)? …en raisonnant comme Wil, ça voudrait dire qu’elles auraient des « tares » dans le domaine ? et que donc seuls les hommes pourraient « bien » jouer ces musiques ? …sûrement pas…. c’est l’histoire c’est tout… tout comme on aurait pu voir que des noirs ou que des blancs en fonction non pas de la « capacité » musicale mais de l’histoire politique et géographique….et peut-être des indiens.. si l’histoire avait été autrement.

Très cordialement…..
Jean Yves Ménard


Sujet : Re: quelques réalités sur le révisionnisme
Date : 11/12/01 10:52:36 Greenwich
De : JoseMariaPEP
A : wil.man@caramail.com

Salut Wilman

Je te réponds simplement par une histoire vécue.
La première fois que je suis allé en Amérique Latine, un ami qui vivait au Pérou m’a dit :
<< Je sais que tu ne considéreras pas les indiens avec condescendance ou mépris mais ne fais pas l’erreur contraire d’être paternaliste avec eux. Ce sont des hommes, considères-les comme des hommes, c’est à dire comme tes égaux. >>
C’est ce que je fais depuis et j’ai eu des relations amicales très enrichissantes, sans la méfiance séculaire qu’ils ont vis a vis des « blancs » mais je ne leur ai jamais permis de dire du mal des espagnols ( c’est d’ailleurs très rare de leur part mais plus courant chez justement les « blancs » pseudo intellectuels et se disant amis des indiens, ce qui ne les empêche pas de les exploiter sans vergogne mais c’est un autre sujet ). L’Amérique Latine, tout au moins celle que je connais, est un mélange de cultures qui va du presque espagnole au presque indien pur en passant par toutes les facettes, inclus l’apport africain.
C’est tout ceci qui donne « un sabor » particulier que je qualifie de culture latino américaine. Cette culture se différencie de l’espagnole, de l’africaine ou de l’indienne mais on y peut reconnaître évidemment toutes ces influences. Elle est devenue une culture spécifique qui a sa place entière au sein des cultures mondiales.
Quand tu qualifies de musique afro cubaine, je ne suis pas d’accord. Je suis allé écouter Tito Puente dimanche dernier. Sur 21 musiciens, au moins 15 étaient « blancs ». Il y avait donc des noirs, des blancs, des métis mais ils avaient tous un point commun. Ils étaient cubains donc leur musique étaient simplement cubaine point à la ligne. Il ne faut pas oublier les musiciens qui ont bercé mon enfance tels que Perez Prado, bien blancs et qui ont popularisé le mambo en Espagne lorsque Tito Puente portait encore des culottes courtes. Ca devient marrant d’écouter Radio Latina annoncer des nouveautés et re-écouter en fait toutes ces musiques des années 40 et 50. Il est vrai que lorsque l’Espagne dansait le cha cha, le mambo, la conga etc. et commerçait avec Cuba malgré le blocus des USA, la France dansait la valse musette avec Yvette Horner et les chanteurs populaires s’appelaient Maurice Chevalier, Charles Trainet, Yves Montant et respectait le même blocus économique. Une anecdote qui me vient en mémoire. En Bolivie, dans les Yucas, existe un village entièrement habité par des noirs …. Qui ont adopté les costumes indiens depuis 4 ou 5 siècles. Et c’est curieux de voir les femmes, noires comme le charbon avec leur multitude de jupes à volants et leur chapeau melon sur la tête. Ce sont des gens comme eux qui nous montrent par leurs gestes quotidiens et sans discours ce qu’est l’intégration et que le lieu où on est né est plus important « culturellement parlant » que le lieu d’origine. Ecoute la chanson  » Taina  » de je ne me souviens plus qui, où un « noir » considère comme sienne l’histoire d’un massacre d’indiens caraïbes par les espagnols tout simplement parce qu’il est né sur l’île où a eu lieu le massacre. Pose la question à Tito Puente de ce qu’il est et il te répondra cubain et
non pas nigérian, congolais ou zairois.
Alors vive la culture latino et la musique cubaine, porto ricaine, mexicaine, péruvienne …. Laissons le qualificatif de afro à la musique africaine qui n’est pas mal non plus ( pas à la mode, c’est tout mais ça peut venir ). Arrêtons de nous complaire dans les erreurs du passé, laissons cela aux historiens. Il ne faut pas oublier ou mentir ou cacher mais il ne faut pas non plus s’auto flageller parce qu’il y a 3 siècles ou plus, certains de nos ancêtres ne se sont pas bien comportés. Si on fouille, pas une civilisation n’est parfaite et le massacre, l’esclavage et la discrimination sont les caractéristiques de la première culture véritablement universelle. C’est plus ou moins lointain, c’est tout.

Vous aimerez aussi...